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dimanche 18 septembre 2011

moi de mon temps...


moi j'aime trop l'époque dans laquelle je vis
j'aime trop que je puisse être femme et avoir le droit de dire ce que je veux
d'avoir des cheveux verts ou bien pas de cheveux du tout
de porter n'importe quoi et de n'importe quelle couleur
d'avoir le droit d'être indépendante et de l'être
de pouvoir habiter seule ou ensemble
mariée ou pas
de pouvoir acheter relativement ce dont j'ai envie
pour manger
pour lire
pour jouer
d'avoir internet
et que ça existe
d'avoir accès à toute cette information
choisie par moi même
qui me fait du bien
de pouvoir entendre mes gens de loin comme s'ils étaient près
d'avoir le choix
et de savoir ce que je veux
(avoir le choix et pas savoir choisir, c'est l'enfer)
de pouvoir manger des bananes et plein d'autre trucs dont j'ai jamais vu comment ça pousse
de pouvoir m'inventer ma vie comme je veux
et être aussi misérable que je veux
et être aussi joyeuse que je veux

voilà
je m'en fout
y disent que c'est la crise
que ya plus de jeunesse
mais de la jeunesse, yen a plus depuis avant les grecs
les anciens grecs, je veux dire
et tout le monde a toujours trouvé que c'était mieux avant
et avant, c'était mieux encore avant

ben moi je trouve ça mieux maintenant
et j'espère que plus tard je trouverai ça mieux que maintenant
et qu'après que je trouverai ça mieux que le plus tard d'avant


ya plus d'jeunesse
ya plus d'saisons


ouais






jeudi 17 mars 2011

la Vague

Parce que je ne savais plus quoi dire
pas quoi faire non plus
mais que de le laisser passer comme ça, non.
alors un lien vers une belle arty-nitiative.
des artistes qui ont fait des dessins, vendus pour la cause des sinistrés. 
par là.

jeudi 10 mars 2011

Ode à la femme sans enfants

   Pour commencer comme une mauvaise bande-annonce d'un encore plus mauvais film : en Afrique, on dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant. En Amérique, la tâche est laissée à une seule personne : la nounou.
   Fort mauvaise intro pour vous parler d'un phénomène trop peu respecté en nos contrées sauvages : le non-enfantage volontaire.
   D'abord, que ceux qui se croient informés se rassurent : non, ce n'est pas un phénomène moderne et grandissant que celui de la femme choisissant de ne pas enfanter. Je sais bien qu'on va vous dire (les conservateurs de tous bois) qu'avec l'émancipation féminine, de plus en plus de femmes choisissent pour leur carrière, au lieu de la maternité.
C'est faux.
  Depuis aussi longtemps qu'on puisse se souvenir et que les études furent faites, on sait que dans chaque culture, un pourcentage stable de femmes choisit de ne pas faire d'enfants. Comme je suis une très mauvaise élève, je ne sais plus quel est ce pourcentage mais c'est je crois entre 10 et 12, si mes souvenirs sont bons.

   Ces femmes, dont l'énergie n'est pas utilisée par la vie de ménage, peuvent  développer leur potentiel créatif, et sont souvent des aides précieuses à la société. Et souvent, elle servent de maman de secours à leurs soeurs enfanteuses, qui dans un un moment de trop, de crise, ou tout simplement un besoin de calme et de retour à soi, déposent les enfants chez les tatas.
   Tatas qui, par leur état de non-mère, ont souvent un lien privilégié avec leurs neveux. Avec un rôle qui n'est pas seulement celui de l'adulte de secours, mais aussi celui du confident, un "reliable". Un qui ne juge pas en tant que parent, mais un adulte quand même. Un qui peut se mettre à la disposition de l'enfant, tout entièrement, puisque pas pris par son propre foyer. Un adulte de secours, pas seulement en temps de crises, mais aussi pour le plaisir.

   Et je revendique mon droit de non-enfantage. Je revendique le droit d'être la vieille tante folle, chez qui on peut faire les trucs qu'on fait pas à la maison, à qui on peut poser les questions qu'on ne veut pas poser à papa, chez qui on peut vider son sac sans avoir à s'en souvenir tous les matins au petit dèj.
   Je revendique mon droit de non-enfantage, pas par égoïsme, mais parce que je pense sincèrement apporter plus au monde en n'enfantant pas. Parce que je péfère être comme la Jeanne de Brassens, une "mère universelle". Alors être mère de trois poulpiquets, à quoi bon...

   Je revendique mon droit au non-enfantage, indépendant de ma tendresse ou non pour les enfants des autres. Que ni par mépris de l'enfant, ni par dégoût, ni même par angoisse de la maternité (même si on est tous d'accords que l'accouchement, bon...), mais pour adhérer à la Brigade des Tantes, me poster fidèle adulte de secours quand nécessaire et fidèle gâteuse de neveux quoi qu'il arrive. Seulement, pas productrice de cousins et de cousines. Productrice d'autres choses, oui. tisseuse de moments. créeuse de mondes. comme eux. et avec eux. 
   Et c'est avec une tranquilité sereine que je laisserai mes gènes admirables mourir avec moi. Je sais depuis longtemps qu'on survit dans bien plus que ses enfants.
   Et reconnaissante que notre monde ne nous oblige plus à s'emménager pour survivre, nous femmes, je me ferai l'honneur d'en profiter, de vivre avec légèreté, et avec j'espère un peu plus de sagesse les jours finissants.

   Lorsque J.M Barrie, l'auteur de Peter Pan a enfin concédé à dévoiler en 1911 l'apparence de son (jeune?) héros, voilà ce qu'il a dit :
"Vous pouvez retrouver son image, son esprit et sa toujours joyeuse humeur dans le monde entier, reflétée dans le visage de beaucoup de femmes n'ayant pas d'enfants".

Mes respects à toutes les enfanteuses.
Moi, j'espère rester une Peter Pan encore longtemps.


Edit - Rendons à Lizzie ce qui est à Lizzie, j'ai piqué le sujet dans le dernier bouquin d'E. Gilbert,  Commitment. Mails il m'a trop parlé pour que je le laisse se raconter par chez elle.

dimanche 16 janvier 2011

où on zermatise

c'est la faute à Caro, tout ça c'est la faute à Caro.
1. j'ai un mal de crâne terrible à cause que j'ai lu son blog jusqu'à 3 h cette nuit (encore une fois)
2. c'est un joyeux bordel chez moi depuis une semaine à cause que je ne fais que lire son blog
3. il fait un temps formidable et je ne suis pas sortie de chez moi sauf pour acheter du pain depuis mardi dernier à cause que je lis son blog
4. j'ai des boutons partout sur le côté gauche de la face (ok ptête c'est pas sa faute à elle)
5. je me suis ruinée pour acheter sur amazon France le bouquin de Zermati que c'est elle qu'elle me l'a présenté et qui explique pourquoi en fait ça fait 2 semaine que c'est le bordel a la maison


Zermati, c'est devenu ma flamme, mon âme, ma paix, ma joie, mon Graal, que dis-je mon Graal, ma Bible.


d'où je me rends compte que j'ai réussi à assimiler que lire, ben c'est comme manger, donc c'est culpabilisant, donc il faut pas le faire trop souvent, donc si jamais je me lâche, aller, je dois finir la tablette le bouquin d'un coup comme ça on en parle plus. Résultat : orgie pendant 5 jours, jusqu'à ce que j'ai les yeux en choux fleur, le dos en compte et que je sois toute étonnée qu'il y ait un monde là dehors de mon lit.


Zermati, Philippe de son ptit nom, c'est un gars qui a fait des études de médecine, nutritionniste de son état, et qui fraîchement diplômé, a passé quelques années à fièrement prescrire des régimes à tour de bras. Avant de se rendre compte que quand même, y avait un truc qui cloche. alors il s'est penché encore un peu plus près de ses patients, il les a écouté raconter leurs histoires, et il a été terrassé par le souffrance des gens qui se sentent gros.
du coup, il a complété sa formation par quelques années de psychothérapeuthie, et il a réfléchit à tout ça. 
Sa conclusion c'est que le régime, c'est le Mal. (bon, rien de nouveau sous le soleil, et que je peux attester, sans en avoir 79, que le régime ça sert à rien, sauf à te rendre encore plus malheureuse). N'empêche que pour un nutritionniste de son état, je trouve ça osé. Mais pas seulement. Il raconte aussi que l'idée du fameux repas équilibré aussi c'est le Mal. (idée nouvelle en ce qui me concerne)


Attendez, ne partez pas tout de suite. je ne suis pas entrain de vous faire un syndrome de la fausse maigre, et patincouffin. je suis pas en dépression de surpoids, en mon IMC se porte bien, même s'il est plutôt bien en haut de la barre. Puis mes dernières expérimentations avec force de mini jupe, bas affriolants, plus ma nouvelle coupe de cheveux de la mort qui tue, sans compter les aides extérieures que j'en parle pas parce que j'ai trop honte, ben ça va, je suis contente de moi. je suis plutôt aware dans ma skin, et en témoigne les exclamations sur mon rayonnage et ma forme (idable) à noël, j'en déduis que le dedans se voit de l'extérieur.
(pfff, c'est laborieux)


n'empêche.
Caro en a parlé,et bien,  alors j'achète. c'est comme ça.
et là ou je me suis reconnue, c'est dans tout, en fait. mais dans tout ce que personne ne dit.
parce qu'il s'attaque à 2 type de gens, dans son bouquin, docteur Z. les gros qui se sentent gros, et les moins gros qui se sentent gros quand même. parce que c'est le même combat. l'idée c'est que la maladie, c'est pas le kilo en trop, mais c'est l'état dans lequel on se met, comment on pense à la nourriture à grands coups d'aliments interdit, de petits déjeuners de rois et de repas de gueux, de 5 fruits et légumes par jour avec 2 litres d'eau, à tel point qu'on se tourneboule le système pour de bon.


J'aurait bien du mal à vous résumer tout ça en une demi page sans horriblement caricaturer l'ouvrage, fruit de longues années d'étude et de pratique.
Mais je peux vous dire une chose : c'est rafraîchissant, c'est limite indécent de bon sens quand ça raconte comment l'autre bon sens a pris le dessus sournoisement sans qu'on s'en rende compte.  et ça marche. j'ai perdu un kilo depuis une semaine en mangeant de la pizza, du chocolat et des tartines de beurre. me demandez pas j'y comprends plus rien.
encore une fois, c'est pas l'objectif, c'est plutôt un délicieux dommage collatéral.
mais je fais la paix avec ma bouffe. et ça, y a pas de prix.


si ça vous intéresse, j'en parle plus dans un autre post. sinon, tant pis pour vous.


Le livre, c'est Maigrir sans régime. ok, c'est pas le titre de l'année, surtout si tu penses que en fait, c'est à peine le sujet du bouquin. mais avouons-le, sinon, je pense que les trois-quarts de son lectorat de "gros" ne l'aurait pas ouvert.
et le lien vers chez Caro et ses aventures zermatiennes, c'est par là

jeudi 25 novembre 2010

où c'est Planète Découverte

je vous sers du végétarien aujourd'hui. que voulez-vous. c'est comme ça.

c'est une histoire d'oreilles et d'yeux. et de cervelles. et de chansons.

   Si on regarde un peu chez nos amis les animaux, on se rend compte que plus ils y voient bien, et plus ils sont agressif. C'est souvent des bestiaux qui chassent en solo et qui vivent en ermite. Et que par contre mieux ils entendent, plus ils témoignent d'un comportement social évolué.

prenez l'aigle. 
vue : les poils de nez d'un moucheron sur un brin d'herbe à 100 mètre
ouïe : gné ?
vie sociale : une copulation minute par année, quelques semaines d'élevage et démerde-toi Jeannot, moi je reste sur mon caillou.

prenons la baleine : 
vue : - hé, c'est George ou bien Rico à côté de toi, là ?
          - nan c'est Jeanine
ouïe : Moby Dick éternue à Montréal
vie sociale : une longue danse de séduction, de longs mois de grossesse, de longues années d'éducation, de grandes fêtes de famille, une grande vie de tribu

   Les baleines ont la plus grande cervelle du monde. Mais leur neo-cortex, la partie la plus importante, n'est pas plus grande que chez le humains. Donc tous les Con-servateurs de se réjouir. 
     - Haha ! La taille ça compte pas ! On peut en avoir une grosse et être idiot quand même ! (c'est une question toujours sensible) Ce qui compte, c'est que les humains s'expriment en fabriquant des choses, en posant leur marque sur le monde. Donc ils sont intelligents. Donc l'íntelligence se mesure par la capacité à utiliser et à fabriquer et des objets. Ha ! dans les dents, la baleine.
   Parce que les baleines ne fabriquent pas de vélomoteur ni de poêles anti-adhésives. du moins d'après les dernières nouvelles. Donc on en a déduit que les baleines avaient un gros cerveau pour rien. superflu. paf. comme ça.

   Puis les suivants un peu moins bêtes, ont pris le problème à l'envers. Si les baleines ont des cervelles comme ac, et qu'elle ne construisent pas de gratte-ciel, alors comment elles l'utilisent, cette cervelle géante? hm?
et la réponse fût : comportement social et communication.
   Les baleines, mesdames et messieurs, de tous les peuplements de la terre, montrent la plus grande évolution en matière de société. elles sont les plus sensibles, attentionnées, conscientes et ont pourtant inventé la société la plus libre qui soit. Elles ne se foutent jamais sur la gueule, et si jamais un conflit survient, elles le résolvent avec beaucoup de délicatesse. Pire, elles sont allergiques à la tromperie. Quand on essaie de les avoir, elles le savent et elles se fâchent. Demandez à n'importe quel Chercheur en Baleineries - et je sais que vous en connaissez plein - il vous dira la même chose.

   Les baleines chantent, vous le saviez. Mais elles chantent pour communiquer. Donc elles se parlent en musique. sympa, non ? Je nous vois déjà :
- Ahhhh saluuut Micheeeeel, mais comment vas-tu doooooonc
- Suuupeeeeeeer, merci et toiiiiii
   Mais c'est pire que ça, parce qu'en plus de la mélodie, elles parlent en rimes et en vers. Les baleines parlent en poésie. Et elles s'adaptent à la proposition de l'interlocuteur. 
ah tu me donnes de l'octosyllabe avec rimes embrassée en i et oin ? pas de problème. 
imaginez le plan.. ben pour une baleine, no souci. et sans réfléchir avant, hein, pas de "Je te rapelle demain je vais y réfléchir".
   Puis elle chantent pas juste pour se dire passe-moi le sel, mais aussi pour le plaisir. comme ça. pour chanter.
   D'ailleur, les baleines ont un hit parade, avec un top 50 de l'année que toutes les baleines du monde chantent à plein poumons, puis aussi quelques bons vieux classiques qui résistent au temps

   Puis les baleines, et mettons les dauphins dans le même sac, puisqu'ils bénéficient du même néo-cortex, ben ils nous adorent. Les mammifères marins, c'est des grands hippies devant l'éternel. C'est peace and love, we are one et j'aime l'univers.
   Ils nous comprennent mieux que personne, et ils comprennent pas que nous on les comprend pas. C'est comme s'ils entendent nos pensées avant qu'on les exprime. Les baleines écoutent mieux, et s'écoutent mieux. Et chez nous aussi ça va mieux quand on s'écoute plus. (je vous renvoie au rayon auto-développement de la fnac la plus proche, ça déborde de "écoutez-moi !"et autre "renforcer l'écoute au sein de votre couple") 


   Puis elles ont inventé la mondialisation bien avant nous, et elles ont même pas besoin d'électricité. Un message envoyé de Bornéo à 12h32 revient à Bornéo à 22h33, et c'est toujours le même contenu. pas d'effet téléphone arabe, chez les cétacés.  donc le Jeannine est amoureuse, faites passer, quand il arrive à Sydney c'est toujours Jeannine est amoureuse, faites passer. et pas Rico a mangé du saucisson, faites passer.

   Et pour finir, les Baleines pratiquent le sexe avec un art à faire verdir les tantriques chevronnés. L'histoire de l'huître et celle de l'enclume, là, c'est niveau CP. ça calme.

   Donc la loi du plus fort et de celui qui a la plus grosse (cervelle, hein), c'est un détournement darwiniesque qu'on nous a biberonné depuis tout ce temps. Parce qu'un animal agressif n'a pas besoin d'une grande cervelle. Le requin a une cervelle aussi grosse que celle du chat. (ouuuuuh)
Et nous autre, humains, alors ? on voit mieux, ou on entend mieux ?
prenez-la dans les dents :
on a une oreille supersonique mais bon on préfère utiliser nos yeux de limace. c'est moins fatiguant...
et méfie-te. parce que toutes les espèces qui ont choisi de ne pas privilégier leur sens le plus sensible
...se sont éteintes à jamais.
hahahahahahaha (caverneux)

La morale de cette histoire, vous la sentez venir :
regarder, ça endort, et écouter, ça aiguise. préférez la radio !

r'gardons mieux avec nos oreilles et écoutons plus avec nos yeux... 
parole de baleine !

mardi 31 août 2010

où l'on se mysticise (mais que c'est pas nouveau)

bon. les enfants, je vous avais épargné jusque là, mais cette fois, je crois bien que vous allez souffrir de ma mysticité.
c'est comme ça.

donc cette semaine, j'ai fait un truc bizarre, mais je le recommande à tout le monde.
cette semaine, je me suis lavée de notre séculaire esprit chrétien. parce que même si j'ai été épargnée du dogme par mes bien-aimés géniteurs, ce genre de nettoyage ne se fait pas en une génération. et je suis sûre que je suis, que nous sommes tous tellement imbibés de puritanisme qu'on ne s'en rend même pas compte, tellement ça fait partie de l'affaire.
alors, cette semaine, sur le conseil de deux amis, j'ai défait ma coiffe de nonne, puis j'ai refait mes voeux.

j'ai défait ma coiffe, et j'ai vu tomber par terre mes voeux de chasteté pour mieux aimer dieu, à côté de mes voeux de silence pour mieux entendre dieu, mes voeux de pauvreté pour mieux comprendre dieu et mes voeux de sacrifices au nom de dieu. j'ai jeté mon syndrome d'Atlas avec toute la galaxie aux étoiles et j'ai laissé not'bon dieu porter le ciel tout seul. et je me suis mise à danser. et à rigoler. et à chanter et à courir, et à parler, et à manger, et à dépenser, et à copuler. tout ça, parce que dieu, c'est moi.
c'est nous.
c'est vous.
et dieu,il adore ça, être chanté, être rigolé, être dansé, être dépensé, être copulé, être mangé, être digéré. dieu, être vécu, il adore ça. ça le rempli de joyeusetés, dieu, quand on le vit. et ça le fait rire, rire ! comme un idiot. qu'il est. puisque même l'idiot, c'est dieu.

Alors j'ai fait de voeu de rigoler pour servir dieu, de chanter pour louer dieu, de parler pour raconter dieu, de danser pour exulter dieu, de copuler pour faire plaisir à dieu, de manger pour digérer dieu, de vivre pour me sentir plus dieu. un dieu joyeux, content, ravi même, que j'ai choisi de le vivre comme ça. il choisi pas, lui comment on décide de le vivre. le pauvre, il fait avec ce qu'on prend. les mêmes bosses et les mêmes chemins. alors il est content quand on est contents si vous saviez...

Et ce sacrifice-là, je veux bien le faire.
Il est pas si évident qu'il en a l' air. parce que le degré d'intoxication à la culpabilité est haut. très haut. on est bien imbibés. surtout nous autres pauvres femmes, que déjà on peut s'estimer heureuses d'avoir une âme depuis un bon gros siècle.
mais la Faute, quand même, la Faute, on s'en débarasse pas comme ça. on est bien overdosés depuis... pfiou. depuis quand ? depuis quand on opiumise le peuple à coups de Faute dans les dents? je veux même pas savoir.
mais j'ai décidé de me désintoxiquer.

alors oui, soyons contents, amis, d'être au monde aujourd'hui. là où, on peut choisir de quitter la soutane et de lâcher ce dieu intraitable et capricieux, celui qui nous regarde pendant qu'on est aux chiottes et qui notte chaque fois qu'on se mange les crottes de nez. 
le Singe.
aujourd'hui, là, maintenant, on peut voter pour celui qui meumeume dans chaque particule de poussière d'étoile.
la petite graine de lumière sacrée qui scintille dedans tout le monde, et que si on lui donne un peu d'eau, elle pousse, elle fleurit. et elle pollenise toute la création.

celle-là...


n'envoyez pas tout de suite la camisole, s'il vous plait...
laissez-moi juste encore un peu

respirer

samedi 20 mars 2010

où on réfléchit

le plus gros mensonge qu'on nous a vendu avec le notre belle société laïque occidentale, c'est celui de la liberté.

on nous a fait croire que, comme on était plus obligés par la culture d'être ce qu'on nous imposait, qu'on pouvait devenir quelqu'un d'autre. n'importe qui. qui on veut.
on est plus menuisiers de père en fils, on a le droit de choisir qui on veut être.
genre.
carte blanche.
vas-y éclate-toi.

puis en fait on a juste gagné la liberté de se torturer sur qui on est et qui on voudrait et le gouffre entre les deux, et la culpabilité de ne pas être qui on voudrait être alors que tout est possible, nous sommes libres de choisir. de changer.
on est même pas foutus d'arrêter de fumer quand on le décide, alors changer... tu parles.

on a juste gagné le droit de se demander éternellement qui on est et qu'est-ce qu'on veut et c'est quoi le but de tout ça et comment connaitre le goût de sa propre langue.

on  nous a vendu une société plus égalitaire, plus juste, plus fraternelle. moins imposée par le haut, moins sectaire.
avant, on avait du sectaire, du divisé, du hiérarchique. on ne mélangeait pas les torchons avec les serviettes. mais à l'intérieur même de chaque groupe, il y avait du lien, de la vie ensemble, du serrage de coude, du on se comprend.
on a juste gagné l'individualisme.

on nous a dit : on va faire un grand groupe où tous les humains auront les même droits, et on sera des grands copains devant l'éternel. et on a juste gagné le chacun pour sa pomme, une télé dans chaque chambre et une piscine dans chaque jardin.

on nous a donné une balle en caoutchou, et comme des idiots on a tous foncés dessus, tous contents d´avoir quelque chose à machouiller. et personne de se demander qui c'est qui lance les balles.

alors oui on a le droit de vote, oui les riches payent plus d'impôt pour que les pauvres en bénéficient un peu. et encore. de moins en moins.

mais la liberté...
pour être créatif, on a besoin de frontière, de barrière, de balises, de points de départ, de points de rupture, des lignes à presque franchir sans les dépasser

la carte blanche, c'est la mort.

le bon artiste sait se donner des consignes à lui-même. le bon humain aussi. et il se délecte à les suivre, et à les détourner.

on avait les rites avant, comme balises, comme ancrages. comme repères. c'était apaisant. encadrant. rassurant.

on ne fait pas du fromage en disant au lait "tiens-toi droit". on lui donne une boite, des murs. sinon le lait s'étale indéfiniment.

la question, c'est peut être est-ce que le lait veut devenir fromage.

mais on lui pose pas la question. on part du principe que le lait est arrivé dans la bonne boite, celle qui lui était destinée. la boite à camembert, la boite à coulommiers.
peut être qu'on pourrait se dire que le moment de la décision est avant tout ça. et que le choix de la boite n'est plus à faire, mais déjà fait. qu'il existe une sorte de destinée divine. et que les choix n'ont qu'à se faire dans ce cadre là.

mais est-ce qu'on n'ouvre pas la porte à la dictature...
chef d'état de droit divin...

N'empêche, je veux du cadre. je veux du rite. je veux  du rituel de passage à l'âge adulte et des cérémonies de ménopause, je veux des fêtes pour le printemps et des fêtes pour l'hiver. je veux des rituels du matin et des rituels du soir. je veux qu'on se retrouve autour du feu pour la veillée et les histoires. je veux me coucher avec le soleil. je veux que le nos vieux soient des bibliothèques, et nos enfants des inspirés. je veux que la musique soit jouée par des gens et moins par des machines. je veux cueillir plus de salades dans les prés et moins dans les supermarchés. je veux sauter le feu de la St Jean et je veux dormir à la belle étoile.

je ne dirai pas c'était mieux avant. mais j'aurai aimé vivre au temps des troubadours.

dimanche 24 mai 2009

où on s'insurge


J'ai pensé à un autre truc étrange, sur notre monde par rapport à celui d'avant.
(et c'est parti pour le couplet "de mon temps, c'était tellement mieux...")
On discutait avec Felipe Mias, sur Bach, dont je travaille une fugue au piano pour les concours. bref, il regardait ça et disait : " quand même, c'est incroyable, ce mec il jouait de tous les instruments pour lesquels il écrivait. Il écrivait pas juste en ce disant "ouais, ça doit bien sonner". nan, il jouait tout lui même."
et effectivement, à l'époque... mas j'ai l'impression que pas mal de trucs étaient comme ça. Je veux dire, les artistes n'étaient pas juste flûtistes ou joueur de triangle, ils écrivaient, ils composaient..
quand je pense aux savants de l'époque, les types étaient astronomes, faisaient de la biologie, de la physique, de la médecine, de la peinture, de la mécanique... et qui sait si De Vinci n'a pas inventé la mozzarella?
Ils étaient hyper polyvalents, et ça n'empêchait pas qu'ils soient compétents dans les différents domaines.
Et aujourd'hui, on est hyper méga spécialisés, on va voir un médecin de l'orteil du gros doigt de pied, et on se demande s'il a vu que l'orteil en question était accroché à un pied, lui même accroché à une jambe et à , oh, un être humain !
Les gens qui touchent à plusieurs domaines, ils sont pas considérés comme compétents. C'est forcément approximatif, pas approfondi. ils papillonnent, c'est des bricoleurs, quoi.

Et merde, pourquoi? pourquoi on pourrait pas être polyvalents et quand même compétent?
Sans vouloir aucunement me comparer à De Vinci, ben j'ai envie de toucher à ce qui m'intéresse. et je ne vois pas en quoi ça rabaisserait ferait de moi une amateuse. J'ai envie d'écrire, de coller, de violonceller et de percussioner, de cuisiner, de composer, de raconter, d'empoétiser, de plumifier, et bordel ! je veux mettre tout ça dans ma chanson.
farpaitement. pas moins.

qui a dit que j'étais ambitieuse?