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lundi 16 avril 2012

Oiseaux

Ya des jours comme ça où je suis atteinte du syndrome de l'autruche, et où plus j'ai à faire, plus j'ai envie de m'enfouir la tête dans le canapé,le sable, n'importe quoi d'autre que la liste de choses à faire urgemment.

lundi 20 décembre 2010

où la vie est méchante

je suis une inadaptée. je l'ai toujours su :  je me suis plantée de période au moment de venir sur terre.

j'ai un nouveau téléphone, qui sonne vachement bien. je l'ai déjà dit. sauf qu'il faut valider 50 fois avant que quelque chose soit validé. d'où le nombre de messages attendant d'être envoyés parce que je crois qu'ils le sont déjà. ou bien le réveil qui ne sonne jamais puisqu'il attend que oui oui, je lui confirme une dernière fois que je veux bien être réveillée à l'inhumaine heure suivante. ou bien le mode silencieux qui reste silencieux jusqu'à ce me que je rappelle qu'il est toujours en silencieux, soit une semaine plus tard.
rien de dramatique : personne m'appelle jamais. je paye un crédit pour rien du tout. quand je regarde dans mes archives, j'ai que des sms de mes patrons qui me demandent si je veux venir plus tôt, plus tard, pas du tout et comment va le chat de mon prof de chant.
mes gens m'appellent sur skype. d'autres il n'y a.


"n’éteins jamais ton téléphone, la Scala peut toujours téléphoner."
ce fut le conseil du jour.
donné par un gentil ténor collègue de Bachkoor.
la belle vie des ténors.
je m'en souviendrai.


   Moi je suis très "signes". genre, la vie te pousse dans tel sens. te conseille de ne pas aller dans celui-là. en général, quand on est dans une bonne vague, tout se conjoncture comme il faut, et c'est pour moi toujours une confirmation du monde, que oui, j'ai fait les bons choix, je suis dans les bon procès.
la difficulté là dedans, c'est comment juger de quel est le message derrière le signe.
   Là, par exemple, j'ai eu une chance de dernière minute de chanter au Concert Gebouw. Un choeur s'est échoué en Allemagne pour cause de neige. Il doivent chanter le Weihnachts Oratorium de Bach au Concert Gebouw d'Amsterdam, dimanche soir-même. y faut un choeur pour les remplacer, si nous on veut pas le faire. 
(je rappelle que la dernière personne que j'y ai vu, au Concert Gebouw, c'était Renée Flemming RENÉE FLEMMING) (c'est la classe internationale, de chanter au Concert Gebouw. pour ne rien gâcher, on est payé 200 euros par personne.)
    Message reçu dimanche à 15h45, lors de l'allumage dudit téléphone. 7 appels manqués. plus un mail (pas ouvert ma boite aujourd'hui). Concert de dernière minute. 200€,  tout ça. Répétition prévue à 16h30, à Amsterdam, si je veux bien me joindre à eux. 
    Donc quand même, on pourrait se dire :  "juste à temps Lulu, tu a cette chance, on te tire à l'oreille au dernier moment, vas-y fonce".
  Je mets 5 minutes à comprendre de quoi il 's'agit, si c'est pas un mail d'hier (hier on avait un concert aussi). J'essaie de joindre l'organisatrice, je trouve pas son numéro.
Je réécoute 7 fois les 5 message en espérant trouver la fonction "rappeler votre correspondant" mais ça n'existe pas. ni la fonction "passer au message suivant", d'ailleurs.
   Puis je me décide à y aller. si je choppe un taxi, j'ai juste le temps d'être à l'heure, peut-être. (bon, ça fait djà un grand trou dans les 200 euros, mais je m'en fous). j'ai le coeur qui cogne fort. Je suis bien contente d'avoir pas déballé mes affaires la veille, que ma tenue de concert et le reste soit encore prêt.
   J'appelle un taxi et je courre comme une folle jusqu'au bout la rue. dans mon excitation, j'ai oublié mon sac à main. je recourre jusqu'à la maison, je grimpe les escaliers 4 à 4, et je recourre jusqu'au bout de la rue. le taxi est là. tout va bien. je suis essouflée comme une dingue, j'ai la gorge en papier de verre de l'idiote qui fait un sprint à froid par moins dix degrés. (je ne me suis pas chauffée la voix. bonjour le professionnalisme.)
   Puis finalement, je suis terrassée dans le taxi qui m'amène au Concert Gebouw, par une attaque de malédiction féminine qui m'oblige illico à rebrousser chemin et à finir la soirée dans mon lit à chialer comme une pauvresse.
(c'est ma faute, je le sais très bien : j'ai couru. et quand je suis malédictionnée, quand je cours, ça réveille tous les pires symptômes qui soient : nausée horrible, crampes insoutenables, tremblements, bouffées de chaleur, sueurs froides, sentiment d'être au bord de l'evanouissement et des fois évanouissement complet. NE PAS COURIR. le mieux toute facons c'est de rester couchée. m'enfin au pire, y aller mollo. c'est ça la malédiction.)
J'ai couru.

   Donc le message que je saisis derrière le "signe" à ce moment-là c'est plutôt : mais laisse tombeeeeeer,  regarde, on te donne des belles chances, voilà ce que tu en fais, arrête de te faire des films et retourne faire caissière chez super U, pôve nulle en slip. 
le tout accentué par le petit espoir que peut être, l'essai encore, la dernière tentative, et le ratage absolu.
c'est pas juste : tu l'as su trop tard. c'est : tu l'as su juste à temps, mais c'est quand même non.
   Puis le destin t'en rajoute une couche en te permettant tout de même de remplacer ta collègue de service au restaurant le lendemain. donc faire un extra au Concert Gebouw, non, faire un extra de service, oui.
   Et le destin décide de t'achever le jour d'après en faisant venir manger au resto un ténor qui chante aussi dans le même choeur que toi, qui lui était bien là hier au Concert Gebouw, et qui a dit que c'était de la folie pure, un truc de malade, une fête de ouf et que vraiment, j'avais manqué quelque chose. (mes patrons ont dit : "il est probablement venu dépenser tout son cash de la veille, le salopiot")

hm.

cherchons l'explication à tout ça.
c'est dur.
ça fait mal.

le plus positif que j'ai trouvé, c'est "Allô, fais-toi des amis, aie une vie sociale, fait en sorte de te servir tellement de ton téléphone que c'est la première chose à laquelle tu pense : l'allumer, ça t'évitera de manquer des occasions formidables".

mais quand même.
ça fait mal.

la prochaine fois je veux me réincarner en ténor.

samedi 18 décembre 2010

où on est les meilleurs et les plus beaux

quel triomphe mes amis quel triomphe.

bon, là j'ai mal au ventre d'avoir été assise presque 3 h avec une jupe en soie trop petite. mais quel triomphe. on a été beaux, on a eu droit à la standing ovation, et pour notre ptit de chef d'orchestre, je suis très contente. parce que c'est tout grâce à lui. la preuve : l'année dernière, avec presque les mêmes gens mais un autre chef, c'était nul. bon, faut dire, j'y étais pas : ça ne pouvait être que mauvais.

le seul truc qui me chagrine c'est qu'il a une copine qui a l'air idiote, et je lui aurai souhaité un meilleur goût. je suis toujours déçue dans ces cas-là. que les garçons qui  semblent un peu moins mâle de base que les autres préfèrent quand même eux aussi les minettes écervelées.
enfin bon. c'est un autre débat.
pas que je le convoite, d'ailleurs.
mais je suis en phase ou je ne convoite personne donc j'envisage tout le monde. c'est comme ça. même les chefs d'orchestres blonds (eurk) aux yeux mouafbleus (yark) avec un strabisme divergent (iho) et pesant 45 kilos tout mouillé. 

mais je voulais vous parler du concert.
en même temps je suis sûre que vous en tapez le coquillard de comment s'est passé le weihnachts oratorium chanté à Leiden par 4 ploucs de plouc les bains.

   M'en fous d'abord, j'fais c'que j'veux.

   Pour commencer, je sais pas pourquoi, mais je me sentais pas dans une ambiance "je dois chanter demain, walala dis donc." et j'ai bossé le soir d'avant au resto, pis je sais pas comment je me suis débrouillée, mais je ne suis endormie vers 5h du mat. et réveillée 7 fois en sursauts le matin, parce que j'avais pas mis de réveil et que j'avais peur qu'il soit méga trop tard (les chances étaient faibles :  je devais prendre le train de 14h37. quand même)
déjà, là, je me trouve super professionnelle. genre pas dormir la nuit d'avant, pour aucune bonne raison, c'est bien. on chante mieux quand on a pas dormi, vraiment.
   bon. j'me lève, j'me chauffe un peu. je dois encore passer rendre un cd à la bibli qui est à la bourre depuis un mois.
   Mais petit problème de logistique (décidément, je suis loin de pro attitude) comme j'ai pas de housse pour mettre ma tenue de concert. J'ai tout pendu à un cintre, (déjà, c'est mieux que tout rouler en boule au fond d'un sac plastique, je me rapproche de la pro attitude) sauf que avec la neige, ça allait pas l'arranger. donc maline, je l'ai emballée dans ma cape verte anti pluie de quand je fais du vélo et qu'il pleut (soit jamais).
mon prof de chant a cru que c'était ma robe de concert, cet idiot.
j'y penserai la prochaine fois : concert en cape verte de vélo, avec capuche svp.

   je me suis promenée toute la journée avec ce truc, tout le monde m'a pris pour une folle : la fille qui porte sa cape de vélo sur un cintre, dans le train.
bref. on repassera pour le glamour de la diva en déplacement.

   bon. je vais à la bibli. puis d'un coup je flippe d'arriver trop tard à la gare alors je me dépêche. parce qu'il a neigé 70cm hier, et tout est resté : la panique complet. aujourd'hui aussi, mais moins.
j'arrive à la gare avec une demi-heure d'avance. puis le seul train qui roule va à Leiden : c'est bien ma veine. je peux même prendre le précédent.

   je suis arrivée avec une heure d'avance. la classe. mais surtout avec un humeur de chiotte et les mains glacées. (je deviens pas tellement plus sympa quand j'ai pas dormi)
alors j'ai fait l'ermite et j'ai passé cette heure chez Bagels & Beans. je sais pas si ça existe en France. enfin bon. j'ai bu du café. parce que y parait que ça réveille. tu parles.

   J'ai profité de l'occasion pur me découvrir des première rides en dessous des yeux. on blâmera la poudre et la lumière méchante qui venait grave du dessus. mais quand même. ça calme. je suis sûre que c'est un coup de Dieu (Ménard, quoi) pour me faire acheter son contour du n'oeil.

   bon. puis finalement, le miracle s'est opéré, après 3h (3h !) à brailler du Bach, ben j'étais toute joyeuse de nouveau. d'où le postage à pas d'heure de la nuit parce qu'il fallait bien rentrer à la maisons quand même, c'est pas tout ça.

j'ai même pas de chute pour ce message édifiant. de pigeon.
donc je vous laisse à vos agneaux, moi je vais pas avoir besoin d'en compter beaucoup avant de m'endormir.

et demain, au programme : faire la loque, rester au lit, et rien glander.
je me réjouis d'avance.

jeudi 16 décembre 2010

où on fait des vers

on va répéter ce soir
j'ai acheté une jupe en soie
toute noire
toute brillante
elle me fait un derrière de rêve
mais je me demande
si je peux respirer dedans
et je me demande 
pourquoi j'y ai pas pensé 
au moment de l'acheter
cette jupe
et je me demande
pourquoi j'ai surtout pensé 
à avoir l'air irrésistible
pour ces quelques minutes 
avant le concert
où il y a des chances 
que je ne voie même pas le chef
chef dont je me contrefiche
en fait
et que pendant le concert
je serai tout derrière
alors franchement
mon derrière à moi 
qu'est-ce qu'on s'en fout

je me demande
si je pourrai respirer

mardi 14 décembre 2010

où on en a plein les mains

ça y est. c'est la fin.
je suis finie. honte sur moi.
tout le monde le sait maintenant que j'ai pas de boulot.
je suis rentrée dans une Agence pour l'Amploi.
ça m'a pris une semaine.
et j'en suis ressortie vivante
avec un entretient d'embauche.
pour le job de l'année.

je ne sais pas encore exactement en quoi ça consiste. mais je viens de recevoir un mail me disant que j'avais un entretient lundi à 10h30, avec adresse et nom de l'Inquisitrice, j'ai nommé Mme Yolande du Lardon. (véridique)
plus en bonus les Conseils pour réussir à coup sûr dans l'Épreuve de l'Entretient d'Embauche :
- prévoyez 3 questions à poser à propos de la fonction, des responsabilités et de la boite
(hm. alors "c'est quoi exactement comme boulot" ? ça me parait une bonne question pour commencer. pis après, genre "c'est payé combien ?" et "est-ce que la nourriture est fournie ?", ça me parait approprié)
- préparez-vous à expliquer pourquoi vous êtes le meilleur pour cet emploi, et pourquoi cette fonction est faire pour vous
(ah. ben. parce queuh je, pff, hm. oui. alors, euh, c'est quoi comme job déjà?  ah non pardon, j'ai déjà posé cette question. et bien, je suis la mieux qualifiée pour cette fonction (de quoi s'agit-il déjà ?), parce que j'aimerai bien m'acheter un piano à queue pour Noël. Un Steinway de préférence.)
- prenez soin de votre extérieur, habillez-vous un peu
(notons : venir habillé. pas tout nu, quoi. au cas où. par ce temps, on pourrai oublier)
- renseignez-vous sur la boite avant d'y aller. voici le lien.

alors, allons voir le lien.
je brûle d'impatience.
hm.
Boite de location d'habits médicaux.
Comment habiller un hôpital en quelques semaines
nous vous fournissons le tout bien prop', vous nous le rendez bien sale, et on le lave !
vêtement de salle d'opération
articles d'incontinence

hm.
ô joie, ô volupté.
j'avais demandé de préférence un job dans le "Zorg", soit, dans le domaine du soin, mais plutôt social que médical, quoi. genre aide à la maison, boire le thé avec des vieux seuls et sourds, aider mamie à traverser, tout ça.  bref. un mot qui n'existe pas en bon françois. ou qui veut dire plein plein de choses différentes. de "prendre soin de" à "emmerdements".
ouioui,  je commence à saisir tout autrement la profondeur de ce mot.

moi qui tombe dans les pommes juste en ouvrant la boite à fromages, je risque de n'être que moyennement "idéalement profilée pour cet emploi".
surtout que la motivation initiale était : quelque chose n'importe quoi svp je me meurs de loyer, et seulement jusqu'au mois de Mars steuplait parce qu'après j'ai ce qu'y faut Albert.

alors quoi ? hein ? comment ? que dire ? que faire ? et dans quel sens ? hm ? hein ?


vendredi 26 novembre 2010

où Jésus revient

parce qu'il fallait bien commencer quand même, finalement, avec ce foutu joyeux oratorio de noël.
c'est vrai, samedi pas celui-là mais l'autre, y a la première répète.
hm.

donc il est juste un peu de temps de s'y mettre quoi.
après tout c'est juste 3 h de musique
en allemand
une bagatelle

Puis Bach il est toujours gentil, il écrit des trucs super faciles à chanter. Il aimait les chanteurs, Bach, ça se sent.
Par exemple, ça commence avec un choeur.
bon. commencer, on aime bien.
C'est un choeur en forme d'hymne à la joie. Il fait 15 pages, pour 2 lignes de texte, se résumant à "Réjouissez-vous". Au moins c'est pas trop dur à mémoriser.

Et juste en l'espace d'une ligne et demi, on a droit à trois octaves de braillement. Première phrase.

   Alors je sais bien que ya pas que des musiciens par-ici. Mais imaginez juste de passer de la cave au grenier en 22 secondes, et avec élégance s'il vous plait.
   Je suis sûre qu'il nous en voulait, le père Bach. Je le vois très clairement.
   Il se réveille tout frais à 11h du mat, boit un café froid, se gratte la perruque et se demande ce qu'il a bien pu oublier.
    Ah oui ! l'oratorio de Noël. Bon bon, c'est quand déjà ? ben, pour Noël, chuis con.
   Noël, noël... Jésus tout ça, la joie les trompettes les anges et tout le tintouin. Donc il nous faut du gai, du pimpant. Quelque chose où on se pose pas la question de c'est de quoi qu'on parle déjà. Du Ré majeur. C'est bien ça le Ré majeur. C'est pas aussi douteux qu'un Mi majeur. Pis ça fait pas trop de dièses à la clé. Comme ça tous ces feignants d'instrumentistes peuvent l'apprendre en deux jours puisque la semaine prochaine on fait la première répé.
   Allons pour du Ré Majeur. Alors pour commencer, on va poser le tableau comme il se doit, donc on va bien le sentir passer ce Ré Majeur. Donc je vais leur planter des bonnes vieilles dominantes par-ci par-là.
  Alors voyons. La grave pour commencer. On a qu'à ouvrir vers un la medium, c'est bien ça le la médium. Oh, puisqu'on y est, collons-leur du La aigu. C'est pas mal, ça appuie sur les réjouissances de la fête tout ça. Puis ça peut pas leur faire de mal à ces feignants d'instrumentistes. Déjà que je leur ai mis que 2 dièses à la clé, ils peuvent bien me donner 3 octaves pour la première phrase. Puis le texte. Alors un louons le Très Haut  me semble adapté. On va varier avec un petit louons les Cieux. hm. C'est un peu monotone. Ah ! voilà. Louons les Cieux par ces choeurs délicieux. pof. comme ça en plus ils doivent avoir l'air contents. ouuuh ça me plait..."

(bon, en vrai, il est gentil quand même, parce que des fois il nous met un psaa dans les aigus, et ça aide mieux que quand il met un ket par exemple. pis en vrai, avoir l'air content ça aide aussi pour faire sortir tout ça.)

   Mais quand même, déjà, le La grave, c'et ma presque note la plus grave, puisque en dessous du sol ya plus rien qui sort. C'est pas glorieux mais c'est comme ça. Donc le La, c'est un genre de grondement vaguement tonal, qu'on entend seulement en cas de silence de mort. Ce qui n'est pas la cas quand on chante en choeur avec un orchestre. (je précise quand même pour les non pratiquants)
   Puis les morceaux de ouf qui durent 15 pages, que quand tu crois que tu arrives enfin au bout, ça recommence au début et tu te repayes la moitié.
Ciel. J'ai signé pour ça, moi ?
   Et le pire, c'est qu'on fait 2 concerts, un à Leiden (toujours le même Leiden que la Passion), et une à Lochem. mais à Lochem y zont pas de sous, donc on coupe dans les effectifs, et vlan. Lulu reste sur le carreau. des inconvénients d'être la plus petite.

  Alors après une heure de piaillements enthousiastes et pour me changer des Jesus Jesus,  je suis allée à la bibli. Et en revenant, je me suis fait arrêter sur la place par un Grand camion en forme d'arc-en-ciel, avec marqué dessus Jésus a dit: je suis la voie, pis en dessous de la vitre passager, y avait une affiche encore en forme d'arc en ciel, avec marqué Our God is AWSOME !! ça prenait tout la place. je m'suis dit quand même, ils exagèrent. puis évidemment, un gentil monsieur m'a attrapée par le bras pour essayer de me vendre de son Jésus beaucoup trop cher.  
   J'ai bien failli lui dire que du Jésus, j'en avais déjà plein ma partition, mais je me suis abstenue, sinon peut-être il aurait cru qu'on était du même club. Moi je me méfie des vantards. ma devise, c'est plus z-on en parle et moins z-on en fait. idem les types qui crient sur tous les toits que c'est des Dieux au lit.
   J'aurai pu lui dire ça, au vendeur de Jésus. Peut être que ça aurait causé une réaction amusante. Mais vous savez comme je suis : c'est toujours après qu'on y pense.

   Donc je suis rentrée à la maison sans Jésus en forme d'arc-en-ciel, pour retrouver le mien en forme de La aigu.

   Je commence à douter de la pertinence de mon choix.

samedi 14 août 2010

où l'on aime ses collègues

bon. pour rester dans le sujet "hommes sweet hommes".

quand même, il faut que je vous raconte mon nouveau collègue préfére. l'unique mâle de l'équipe.
le précédent a craqué récemment. démission.
ceci explique celà, je m'en vais vous décrire les trésors de testotérone que le garçon doit déployer pour s'en sortir.

Parce que Michel, c'est un vrai.
du genre à se regarder dans tous les miroirs en se donnant des coups de poing pour de faux
du genre à appeler tout le monde fillette ( sauf moi, j'ai droit à "française", mais je doute qu'il connaisse mon nom)
du genre à dire "là tu vois, je'm f'rais bien un ptit big mac"
du genre à ouvrir la porte du frigo juste pour la refermer d'un coup de genoux au ralenti du genre "tiens prends-toi çaaa"
du genre à se faire craquer les doigts avant de prendre un plateau
du genre à s'entraîner constamment à prendre la pose bras croisés sourire hollywood au cas-où on voudrait le prendre en photo
du genre a dégaîner le pot de gel par jour
du genre à considérer que, c'est quand même cool de travailler avec des femmes, comme ça c'est elles qui nettoient
du genre à marcher toujours comme un gorille
du genre à lire le magazine des millionaires
du genre à faire des blagues que lui seul trouve amusant
du genre à trouver qu'on doit être attardées pour ne pas se bidonner avec lui
du genre à me demander quel est le vin le plus cher que j'ai jamais bu
du genre à me demander quelle est mon plat typique français préféré
du genre à me demander si je passais toutes mes vacances à st Topez
du genre à toujours pas comprendre après toutes mes réponses hyper enthousiastes, que si j'habite en ici depuis un an, c'est que je ne me sens pas si française que ça
du genre à dire des truc du genre, genre quoi, avec une voix tellement cool et un accent tellement cool que je lui demande à chaque fois de répéter tellement je suis trop loin de sa coolitude
du genre à me répéter en ar-ti-cu-lant et en faisant les gros yeux
du genre à pas pouvoir venir demain parce que son entraîneur de kite-surf veut lui parler
du genre que j'aime bien, quoi.

et après, on s'étonne que je veuille me faire nonne. franchement.

lundi 5 avril 2010

où chuis la plus ptite

J'ai été promue plus jeune choriste du choeur.
ce qui a certains avantages
pour ne pas dire des avantages certains.

D'abord, je trouve que j'ai bien le droit de chanter moins bien que les autres. 
Na. 
et ensuite, l'attention que me donnent les mâles des environs est plutôt flatteuse. 
(J'ai pas beaucoup de mérite)
Mais quand même. 
Je profite des galanteries des plus vieux et des attentions des plus jeunes. 
qui d'ailleurs, sur ce point, sont beaucoup moins lourds et poussifs que les francophiles
et je vous jure que ça fait du bien..

dimanche 4 avril 2010

où l'on passe à la télé sans même le savoir

Salute les enfants,

Nous revoilà. Et bien, c'est une bonne semaine que nous avons eu là.
Avec une première Passion selon St Matthieu relativement catastrophique, avec panne de courant (donc pas d'orgue au moment de commencer), chef sous speed (au moins), direction à la moulinette, et nous qui gueûlons comme des matelots. Bon. Puis quand même un retour sympa dans le bus, à 2h du matin, où l'on s'occupât essentiellement de descendre cet idiot de Roy Goodman, le chef en question.
          Ce qui est drôle, c'est que le bonhomme est quand même assez connu, et que justement, son nom guaranti un certain public. Mais en vrai il est juste fou.
   La deuxième, à Groningen, fut moins catastrophique. Encore trop vite, mais bon, un représentant du choeur, un de l'orchestre et un des solistes avait râlé, donc il s'est calmé un peu. Mais c'est son choix, il l'aime comme ça, sa Matthaüs, et Monsieur dirige, donc Monsieur choisit. 
Bon.
   Ceci dit, chaque fois c'était un peu mieux quand même. Puis on a terminé avec deux concerts à Leiden, dans la Pieterskerk. Qui s'avérait être un des deux plus grandes Passion du pays, avec celle de Naarden. 
Curieux, parce que je ne nous trouvais pas si formidables que ça, mais peut être que je suis trop perfectionniste.
et donc à Leiden, on y va pour se montrer, parce que tous les pontes de la politique hollandaise s'y pointent, les animateurs télé et autres jet setters. 
Ouais. Moi, je m'en fout t'façons, je les connais même pas, à mes yeux c'est tous les mêmes, des vieux en général, et ils font bien ce qu'ils veulent. D'ailleurs je vous laisse deviner le prix de la place au premier rang...
mon dieu mon dieu. ben si, 105 euros, voilà. sans commentaire.

Donc on chante, jeudi blanc et vendredi saint, et il s'avère que vendredi, on a été filmés et qu'on est passé sur un genre de TF1 quelconque. 
Gosh ! Et mon droit à l'image alors, hein ? On m'a pas demandé mon avis, non mais ! je vais les trainer en justice, moi. En plus, j'avais été privée de robe de concert, puisque la mienne ( toute jolie toute neuve toute chouette) n'était pas assez longue (en dessous du genou) et que je devais porter un truc bien bien couvrant et surtout pas trop... tu vois. bon. genre. hin ! 
Donc je me retrouve à la télé, avec un jupe prêtée par une collègue, et même pas on m'avertit !
(bon, en vrai, on ne voit pas un centimètre de ma trombine, mais c'est pas grave, hein, faut faire valoir ses droits, que diable)

Puis faut dire que notre Jésus était super formidable, (encore une tête parmis les têtes) puis super drôle et accessible pour le reste, ce qui ne gâche rien. J'ai même osé prendre mes joues bien roses et le féliciter, lui raconter mon admiration et l'honneur que c'était de chanter ma première Matthaüs avec lui, à Leiden, pour vendredi saint. et il m'a dit que le Bachkoor n'avait jamais aussi bien sonné que cette année. Je me suis abstenue de lui dire que c'était normal. Restons humbles après tout.

Et pour le reste, sachez que la hollande ne connait pas de flageolets, et c'est bien dommage. mais ils ont plein d'autres trucs qui font péter, donc ça rattrappe.

Puis là, comme il faut quand même aller fêter Pâques, ben je vais me gaver de trucs gras et viandus chez mon oncle et ma tante... entre nous, ça me réjouis moyennement, mais je me prépare déjà moralement à refuser gentiment les multiples tentatives de remplir encore mon assiette et mon verre. Et après, ils osent encore faire des commentaires sur ma ligne. Franchement.

Bien ! le reste, c'est du détail, alors vous avez qu'à m'appeler. na. quand j'aurait un téléphone. un jour. bref.

des bosses grises quand même !

jeudi 18 mars 2010

où rien

salut les gars, salut les filles,

je suis dans un café avec connection svp, et je subis la musique locale. c'est pas très gai, laissez-moi vous avertir.
Sans compter que, pourquoi est-ce que les cafés avec connection font du mauvais café, et les cafés avec bon café n'ont pas de connection, hein? c'est quoi cette règle à la con encore ?

héhé, pour le reste, c'est donc un retour aux accents aigus , grâves, et même, incroyable mais vrai, circonflekse (merde, comment ça s'écrit ça déjà ?) accent circonflakes?
bon.

on repassera le jour de la bonne blague.

j'ai un mal de craâne a force de regarder cet écran minuscule, c'est pas marrant. je suis en recherche de mélodies a présenter au concours de Berlin, puisque c'est officiel, je le retente en juin.


flexe ! c´est ca. chuis con quand même..


(tain mais c´est pas possible, qu´est-ce que j´ai avec les ordis, moi = maintenant, c´est comme si les touches étaient décalées. quand je tape sur 8 j´ai un 7 et du coup le fameux circonflakes a disparu, il s'est fait la malle avec son petit copain l'accent grave.)

pfffff

ah, c´est pire que ca en fait. aha, fallait pas que j'en parle, ca l'a tout tourneboulé.

pfffff


bon, dans les bonnes nouvelles j´ai toujours pas de boulot. tremblez dans vos chaumieres, bientot je vais venir chougnier devant votre porte que je n´ai plus de maison, puis je viderai la caisse avant de dispraitre dans la nature.
ou pas.

en gros, là j´ai raconté toute ma vie.
j´ai terminé une démo que j´ai aussitot envie de recommencer.


mais la bonne nouvelle c´est que j´ai récupéré mon piano, donc je me raccroche a ces concours pour avoir quelque chose a faire de ma journée.

voila. on a vu mieux comme emploi du temps.
et tout le monde de me dire que je ne peux pas avoir une journée pourrie puisque je ne travaille même pas. ils sont droles, les tout le monde. je les aime bien. sauf des fois.

bon. sur ce, c´est tout.

...


jeudi 14 janvier 2010

où l'on en sait rien

puisque je vous dis que je sais pas, j'ai rien entendu, et j'ai aucune idée de quand je le saurai. "au plus vite" qu'y-z-ont dit. au plus vite. moi je trouve que ça pourrait étre plus vite que ça, mais bon. ça compte pas, hein.

ceci dit, je peux vous raconter comment ça c'est passé. à savoir, j'étais plus enrhumée, mais quand même tout juste sortie de la période malade, alors pas vraiment avec un sentiment de top de la forme. bref. toujours la meme histoire avec les chanteurs...c'était à 13h20, et mon gentil ronald avait proposé de me faire cours juste avant, comme ça je serai bien chauffée, et ça me paraissair idéal. sauf que l'audition que je croyais étre à 14h20 était à 13h20. donc pas possible, donc à moi de me chauffer toute seule comme une grande. berk. à 11h30, toujours pas un son audible qui est sorti de là, un espèce de truc-collant-vieux-reste-de-la-nuit qui s'accroche à mes cordes vocales... bwaaa. je me dis que c'était peut-être pas une bonne idée de reprendre le sport la veille au soir. j'ai des courbatures, et je me demande si le monstre glaireux qui dort au fond de ma gorge n'est pas un produit de ma soudaine activité cardio-pulmonaire.
chiotte.
est-ce que je vais assurer sur ce choeur que j'ai que depuis une semaine ? et ce récitatif dont j'oublie encore les putains de paroles? je hais l' italien...
rha, puis j'ai rien de correct à me mettre. entre mon jean avec un truc qui ne laisse rien secret de ma nanatomie, et une robe... usée. va pour la robe.
je me démène une dernière fois sur Louise Attaque, puis je sors à 11h15, pour chopper le train de 11h35, qui m'emmènera d'abord à Amsterdam, puis à Bussum. 1h de trajet en tout.
il fait un froid de canard et je regrette déjà mon jean et le gros pull en laine qui trainent dans mon placard.
puis j'ai choisi LE parking à vélos qui déconne et je m'escrime encore 5 minutes dans la glace à essayer de le faire monter sur les autres, alors qu'une maudite roulette a décidé de rouler à coté du rail. un bonhomme vient faire semblant de m'aider. très efficace : je trouve aussitot toute seule la solution. vade retro l'ancètre, chuis pas d'humeur.

bon, j'attrape le bon train, sur le bon quai, puis re le bon train sur le re le bon quai. à l'heure, et tout. même pas de ligne annulée ou restreinte pour cause de neige... bon. ben nous y voilà. je réussi même à trouver direct l'église, sans plan, juste avec ma petite mémoire de ce que j'avais vu sur googlemaps.
il fait aussi un froid de canard dans la salle de chauffe. c'est dróle, non ?
j'apprécie que, curieusement, on soit 4 à attendre, et chacun d'un pupitre différent. donc au moins, on est pas de la concurrence les uns pour les autres.
ils ont une demi heure de retard, parce que les tous premiers étaient coincés à amsterdam le matin. comme quoi...
on échange quelques mots avec les autres. on attend. le ténor a choisi un air mais n'a que la version de basse avec lui. alors que la pianiste a la version de soprane. ça va. je suis contente d'avoir limité les éléments de stress type : oublier sa partition, arriver à la bourre, ne pas trouver le lieu...
ça se décime petit à petit. il ne reste plus que la mezzo et moi.
il parait qu'il fait chaud dans l'église. puis que ça sonne bien.
elle est pas bien sûre d'elle en ce qui concerne cette audition. chez bach, ya pas de mezzo. ya bachsopran ou alt. et elle est entre les deux. mais elle trouve que je c'est magnifique ce que je fais. je la remercie puis je fais encore ma tronche d'étonnée, parce que je sais pas quoi faire d'autre quand on me complimente. puis parce que je sais jamais si c'est sincère. alors. bon.
c'est l'heure, alors. on y va.
je ne quitte pas mon pull, c'était bien la peine que je mette un robe. j'ai trop peur d'avoir froid. je garde mon pull.
ils sont 3 au jury, plus la pianiste, Gerrie, que je connais. toujours aussi rayonnante, elle me fait un sourire éclatant.
le chef qui est tout nouveau, jeune, puis un vieux bonhomme, le directeur artistique je crois, puis la responsable du casting. genre. quelque chose comme ça. l'administration, quoi. ils sont amicaux tous les 4. le chef se lève pour me serrer la main. groumpf. merde. je sais jamais s'il faut juste les saluer ou bien se présenter, serrer la main... mais de toute èvidence, j'aurai préféré qu'il ne quitte pas sa place pour venir me dire bonjour.
bon.
arrête.
je dois me présenter.
je bafouille que ça fait 4 ans, que j'ai fait mes études en france et que là j'ai juste des cours privés, que j'ai pas eu les concours en allemagne. euh. oui. puis mes diplômes universitaires. glorieux CV.
il me demande où en france, si j'ai essayé les concours en hollande. non. bon. curieux parcours. étrange.
jamais chanté la passion selon st matthieu ? c'est drôle, apparemment. c'est un incontournable ici. elle est chantée par tout le monde, tous les ans pour pâques. chaque chanteur hollandais a fait une fois une tournée avec la passion selon st matthieu. passons. chantons alors.
je chante. Piangeró. de Haendel.
et j'apprécie les regards plutot agréablements surpris qu'ils échangent. surtout sur les notes aigües que j'attaque tout doucement. je suis bien concentrée.
pas de commentaire. on passe au premier choeur de la Passion. c'est interdit, en vrai. Bach après un opéra de Haendel, mais on le fait quand même. par contre, du coup, je fais un Bach plutot haendelisé, dans le genre.
là, le chef trouve des choses à dire et me demande de faire les notes tenues sans vibrato, sans perdre la rondeur dans la voix. sans prendre un voix d'enfant, en gardant toutes les harmoniques. il me dit, essaie pour voir, je sais que c'est dur et que ça risque de ressembler à rien.
j'essaie. et j'apprécie encore les regards entendus. ça ressemble à quelque chose.
puis il me reprend encore sur quelques virgules ici et là. rebelote.
bon, je ne pouvais pas y échapper, pour la troisième fois que je leur chante ce choeur, je plante une note à coté vers la fin. j'attaque une phrase sur un la aigü au lieu du sol aigü. ça les fait bien marrer que je veuille le faire encore un peu plus haut. ouf.

le chef me fait un dernier commentaire sur mes aigüs, et suppose que je ne suis pas soprane léger, et que je devrai peut-être me faire entrendre par d'autre professeurs de chant, à moi de voir.
voilà, on a fini, merci, au revoir, on vous fera savoir au plus vite.

bilan, je crois que j'ai montré le maximum de ce que je pouvais. un récitatif, un air lent, avec un passage super rapide et plein de vocalises, pas trop haut en général mais avec des pointes vers les aigus, ma capacité à changer de style, opéra oratorio, et à réagir rapidement aux instructions du chef. je crois que j'ai pas fait la soprane qui veut qu'on l'entende même quand elle chante en choeur, même si j'avais un air d'opéra. je crois que j'ai fait de mon mieux et qu'ils ont apprécié. j'espère qu'ils prendront ma jeunnesse comme un atout, ou bien parce que je suis toute neuve sur la Passion, et que je n'aurai pas de vélléités à vouloir rester dans mon vieux schéma interprétatif déjà chanté 1000 fois, ou qu'ils me donne un chance, en tant que jeune chanteuse... j'espère.

voilà, je repars alors qu'un soprane entre dans la salle de chauffe. suis toute frétillante. j'achète un Glamour et je saute dans le train. toute occupée à m'instruire sur la vie de Gwen Stefani, je ne calcule pas que ce train s'arrète dans toutes les gares d'Amsterdam sauf Centraal. et je me retrouve à l'aéroport de Schiphol. super. je sors de là, au beau milieu du centre commercial, pour me rendre compte que je peux soit retourner à Amsterdam et changer là-bas pour un train vers haarlem, soit passer une demi heure dans le bus.
chier, parce que j'ai déjà payé mon billet de train, mais j'opte pour le bus.
groumpf. une demi heure apres, j'ai la gerbe d'avoir lu dans le bus et la flemme d'aller chercher mon vélo à la gare. je me couche. je crois qu'il est 6h du soir, et il fait déjà nuit.

mardi 5 janvier 2010

où tout le monde est très aidant


Petites inquiétudes professionnelles 
(oui, bon, tu quittes Anne&Max, mais peut être ce serait bien d'avoir autre chose, hum ? voir même de s'en occuper? hum?)
Parce qu'en vrai, je ne sais pas faire une lettre de motivation en hollandais, et qu'envoyer un torchon plein de fautes improbables avec des phrases incomplètes ne me parait pas idéal comme première impression. donc j'attend l'aide de ma gentille colocataire, ou de Gius, ou ma cousine, enfin, bref, quelqu'un. mais les quelqu'uns sont très contents de m'aider le jour où ils ont le temps. donc pas aujourd' hui. 
ceci dit, tout le monde est très aidant.

lundi 4 janvier 2010

où l'on commence bien l'année

   Mieux que ma collègue qui s'est fait piquer son scooter et moitié assourdir par un pétard gigantesque qui a fait éclater la véranda sous laquelle elle se trouvait... tympans percés et bain de verre brisé.
radio potins bonjour les drames.

J´aime bien les années nouvelles. on se sent tout prop´.
   Puis aujourd'hui j'avais un premier rendez-vous avec une pianiste recommandée par Ronald. Adorable, super gentille et terriblement enthousiaste. elle m'a donné 50 adresses et numéros de téléphone, elle trouve que je dois me faire entendre, que c'est formidable ce que je fais que je dois me lancer et que ça va marcher tout seul, elle le sait déjà.
bon.
résultat, la semaine prochaine j'auditionne pour un choeur professionnel où elle est pianiste. ça veut dire que les répètes et les concerts sont payés. et elle pense que j'ai vraiment mes chances.
un concert par mois... essentiellement du bach et ses prédecesseurs. et j'adorerai !

pour le reste, on va bosser ensemble 2 fois par mois, voire du répertoire... ihi. cooóóóóoool

sinon, ya un autre choeur pour lequel j'aimerai vraiment bien chanter, mais j'ai vu qu'ils ne cherchaient que des basses et des ténors (quelle surprise...)

je vais les contacter quand même.

voilàaaa !!
pis c'est tout bien rangé chez moi, j'ai de nouveau des culottes propres et j'ai acheté de la terre pour faire un auto-moi en 3D horriblement réaliste, histoire d'en finir une bonne fois pour toute avec ces complexes à la con. je me réjouis d'avance : je vais bien rigoler.

ah, pis j'ai un nouveau vélo. bon, pour l'instant il dort chez le garage parce que j'ai pas encore d'antivol et que j'ai déjà déraillé, mais bientót... ils sont cons aussi ces vélos hollandais : ils ont une caisse de protection autour de la chaine. alors c'est mignon, mais quand tu dérailles, il faut tout démonter pour la remettre en place.

sur ce, la bibli ferme déjà, alors je vous laisse à vos agneaux.

samedi 12 décembre 2009

où l'on finit par chanter, un peu, quand meme !

Premières répétitions. 
   Tout a très bien commencé, avec un petit quiproquo charmant.
   Vous vous souvenez peut-etre du percussioniste-livreur de tartes aux pommes ? bon. il s'avère également etre un peu le meme type-genre-sorte de mec que le chef d'orchestre. genre cheveux longs, pas méga énergique et très bio. un visage toute en longueur comme ça. bon. je suis nulle en physionomie et je ne reconnais personne. mais des fois c'est genant. parce que là en l'occurrence, on devait ne répéter qu'aver les solistes et le chef, puis le compositeur-librettiste-metteur en scène. mais j'avais pas regardé sur le planning. du coup, on était à la table avec les solistes, et Arthur arrive (le chef) et moi, tout contente, je lui sors "salut ! comment ça va avec la tartes aux pommes ?" (oui bon, on fait ce qu'on peut. j'étais bien contente d'avoir un autre accroche que "bonjour, comment vas-tu?) et pour cause. le pauvre garçon m'a regardé avec circonspection. et là, j'ai lu dans son regard, j'ai vu juste un peu trop tard dans son silence que, non, il ne livrait pas de tartes aux pommes et que non, ce n'était pas le percussioniste. dans le feu de l'action, j'éspérais qu'il oublierai, les autres se sont levés etc, la bise, ça va, oui, oui. blabla. pis il revient me voir et il me demande, euh, désolé, celle-là je l'ai pas comprise. et moi d'expliquer toute génee, haha, non, mais laisse tomber euh, tu sais, le percussioniste... parfait. formidable. donc le premier jour, je prends le chef d'orchestre pour un percussioniste livreur de tartes aux pommes. 
bien. très bien.

Sinon, les solistes sont très bons. mais le choeur... et l'orchestre... c'est des amateurs dans les deux cas, et mon dieu... je crois que le pire, c'est comment il ne suivent pas le chef pour deux ronds. chacun joue avec son petit tempo. puis on ne s'étonne meme pas d'avoir une mesure de décalage avec son voisin. puis on s'arrète de jouer en plein milieu parce qu'on a raté une note, et c'est pas grave, on écrit un truc sur sa partition et on reprend son archet, alors que les autres ont continué. incroyable.

Laurent, qui était là hier soir, m'a expliqué que ça vient surement du fait qu'ils doivent choisir entre regarder le chef ou regarder la partition. alors pas fous, ils regardent la partition...

bon, puis je vous laisse, parce que ce soir on remet ça, répete en public, la dernière générale, puis que je dois m'occuper du choeur tout à l'heure. ça va étre drôle. on va travailler un peu ensemble... je suis curieuse de voir ce que ça va donner. j'ai rendez-vous à 17h30 devant le Hema... et ma chambre est un bordel innomable, il faut Vraiment mais Vraiment que j'y fasse quelque chose. c'est simple, je ne marche plus sur le sol, j'ai arreté d'essayer de trouver un morceau de libre. alors je piétine gaiment les factures, les partitions, au milieu des petites culottes et des paquets de cranberries vides.

... ouuuuh ya du dégat, comme y disent

jeudi 10 décembre 2009

ou on démisionne


J'ai décidé avant-hier de quitter Anne&Max. 

parce que les raisons de pourquoi je reste chez Annemax, sont :
- si je me réveille à 9h55 alors que je travaille à 10h, j'arrive quand meme à l'heure
- je dépense presque rien en bouffe
- j'ai la flemme et la trouille de chercher autre chose
point. pas mieux.

   Le fait est que je suis payée un coup de pied dans le cul, qu'il y a trois collègues qui me parlent comme si j'avais 2 ans et demi et 0.5 de QI ( dont Eline, la demoiselle par qui j'ai eu le job), que je déteste le boulot et que je peut écrire un manuel de comment ne pas se comporter quand on va dans un café, tellement j'en ai vu. que j'en ai rien à braire de la tarte à la carotte et que j'aime pas le café, que l'endroit est insupportablement trop petit et que les tables sont entassées les unes sur les autres, tu peux pas marcher sans rentrer dans une chaise, tu peux croiser personne, il faut faire demi tour pour laisser passer quelqu' un, que les tables sont tellement minus que tu peux y mettre une demi assiette alors qu'il faut y caser deux soucoupes, deux assiettes, une théière gargantuesque, un bol de soupe, une étagère à gateaux plus une boite à thé et deux verres de prosecco ( véridique, tout ça en meme temps). que j'en ai marre de porter 3 jours de sac poubelles hors de cette cave de 1m20 de haut, pleine de souris et puante, par cet escalier glissant et raide comme la justice, que j'en peux plus de cette accoustique de poulailler qui te prend la tête et qui te fait répéter 5 fois la meme phrase avant de l'avoir entendue...

   Alors jeudi, je me suis renversé un tasse de thé sur le bras, et comme une grande, j'ai pas pleuré, j'ai mis de la crème, et j'ai continué bravement, jusquà ce que je craque une heure après, moitié hystérique et sans savoir pourquoi, à vouloir étrangler quelqu'un et à me retenir de me mordre dans le bras comme je faisais quand j'étais petite et que ça marchait pas. j'ai fondu en larmes puis j'ai su que je me voilais la face depuis 3 mois, et que ce que j'attendais ne venait pas et ne viendrait probablement jamais, alors autant arrêter de perdre de l'énergie.
Je vais postuler au Toneelschuur et à la Philarmonie de Haarlem, pour travailler comme ouvreuse, et proposer des cours de conversation en français.
quitte à travailler 32h et à être mal payée, autant que j'en retire un minimum de satisfaction sociale ou culturelle. mais être le larbin du patron et le larbin du client, j'ai plus envie.

advienne que pourra.

lundi 16 novembre 2009

ou l'on se flashe info

heu ho, hey ho, je ne rentre pas du boulot

parce que le lundi, c'est relâche.

bon. quickie des news de la week passée (je ne sais pas ce qu'il a, cet ordi batave, il ne veut pas de mes accents. ni les graves, ni les aigus)
1. le bigophone, c'est pas pour demain, pisque j'ai découvert que je n'avais pas de prise téléphone dans mon petit home sweet.
2. il fait froid et il pleut
3. je me suis pétée la gueule dans les escaliers avec une caisse de bouteilles vides dans les bras et j'en suis toujours vivante, alors j'ai décidé de devenir bouddhiste
4. je me suis fait voler mon vélo qui n'était pas le mien
5. j'en ai retrouvé un gratuit le lendemain
6. j' ai inauguré le bar en dessus duquel j'habite, avec un grande partie de l'équipe de petites Annes et de petits Maxs, et le soir même ils se sont fait cambrioler
7. j'ai découvert un nouveau "s" et de fait un nouveau "z" qui ont révolutionné ma chanson
8. j'ai découvert un nouveau café-resto absolument adorable, et je dois me retenir beaucoup beaucoup pour ne pas postuler. j'ai appris que les cafe's super sympas dedans, ne sont pas forc'ement les plus sympas à y travailler, et c'est aussi important d'avoir un caf'e sympa o'u se r'efugier, non?
9. en parlant de postulations, mon bien aimé Lush, vendeur de savons et crèmes en tous genres par lequel je jure depuis mon hollandification, cherchait des travaileurs pour la saison des fêtes... même histoire. ceci dit, on m'a quand même proposé d'envoyer mon CV en ligne, parce que on sait jamais...
10. j'ai rencontré l'équipe de Engelberg Express, soit l'operette en devenir. et c'est une chouette assemblée de gens motivés. (c'est l'avantage des productions avec petit budget : pas de stars blasées et baillantes)
11. je me suis coincé la phalange grasse entre la poignée et la chambranle de la porte d'entrée et j' ai décidé que Bouddha était trop capricieux, alors je l'ai laissé tomber comme une vieille chaussette qu'il est.

ah, pis la dernière nouvelle qui me fait tout plaisir, c'est que mon bien aimé prof de chant part deux semaines en vacances pour noël. bon, ça c'est pas la bonne nouvelle, mais la bonne nouvelle c'est que du coup, je peux habiter chez lui pendant ce temps, nourrir les chats, (cool) donner de l'eau aux plantes,(euh) lire ses livres, (ha!) dormir dans son lit, (ouh..) écouter ses disques (yess !) et surtout, chanter dans son studio sans faire chier les voisin (yodleihou !)

bon, par contre, ça confirme mon besoin de rentrer avant le nouvel an. donc la France sera courte ou ne sera pas : du 25 au 29, ni plus ni moins.

bon, amis, je vous laisse, parce que j'ai faim, froid, et qu'il fait déjà tout noir ici.
pis un joyeux ménage m'attend à la maison.

samedi 14 novembre 2009

où c'est la Gloire


La Hollande, c'est minus.  Mais quand même...
Dans la semaine, j'étais dans la cuisine, un jour de bourre absolu, et j'étais entrain de préparer un petit "fruit en granen" quand arrive la livraison de tartes aux pommes. et moi de faire un geste vague, et grommeler sans regarder le livreur "pause-les par là-bas, et oublie pas les moules de la dernière fois, espèce de" (les derniers mots étant pour moi). et là, le type me regarde, puis il me fait, "hé, mais je te connais, c'est toi la chanteuse, non ?" et, haha, oui, c'était le percussioniste de la production, donc aussi livreur de tartes aux pommes à ses heures perdues.
Heureusement pour ma gloire, une collègue serveuse était dans la cuisine au même moment. 
Je suis illico devenue une célébrité.
Vous pouvez vous grouiller pour les autographes, bientôt j´aurai plus envie.

jeudi 29 octobre 2009

où j´ai la flemme


j'ai une flemme, mais une flemme, si vous saviez...
d'écrire, hein, je veux dire.

donc en bref, j'ai répété avec Steven, l'illustre honorable compositeur-auteur-metteur en scène-artiste-bonhomme qui m'a recrutée pour l'histoire du yéti angélique. 
c'était coool. 
il m´a trouvé très angélique, avec ma toute nouvelle blonditude
Il était tout content. 
donc moi aussi.
sauf que c'est pas súr que l'histoire continue, étant donné que le róle principal manque toujours à l 'appel. ah, la belle vie des ténors...

jeudi 1 octobre 2009

où l'on ne se sent plus de joie

hoi hoi.

je m'amsterdamise à nouveau pour vous, chers lecteurs assidus. (...)
Bon.

la Grande Grande nouvelle d'aujourd'hui qui me remplit toute de joie, c'est que le péquin de cet été, le bonhomme qui écrit une opérette etc.... m'a rappelée ! et qu'on a rendez-vous lundi pour voir un peu ce que ça donne, si ça peut coller... pour un róle d'un ange-yéti... je sais pas trop quoi, un truc rigolo, en tous cas. 3 représentations à travers la hollande sont prévues en décembre, Haarlem, Amsterdam et Heemstede, si j'ai bien compris le dernier. pas súre.

pffff. l'inconvénient, quand on peut téléphoner (ce que je viens de faire toute la matinée), c'est qu'on a beaucoup moins envie de se raconter pour la troisième fois. bon. bon.

j'ai migré vers la cuisine chez Anne&Max, et ça me convient beaucoup mieux. je suis ravie de faire les petites soupes, sauces, petits déjeuners... la vaisselle, tout garder bien propre, ne pas subir tous ces gens et ces tables trop petites et trop serrées, ce boucan... puis de pouvoir papoter avec mes collègues quand ils viennent prendre leur pause. ça me convient tout à fait. ça me coute moins d'énergie, en tous cas. et je me trouve plus efficace. donc j'espère pouvoir garder ma nouvelle place de "keuken princessje", comme dit Ho. 
Ho, c'est mon collègue chinois, que au début quand il s'est présenté, j'osais pas l'appeler par son nom. je trouvais que ça faisait un peu trop... Hé, ho ! mais bon, c'est vraiment son nom. 
sinon, ya Jessica, un petite goudou folle moitié hongroise, ya Dennie, le vrai chef de cuisine qui écoute Withney houston et Alizée à longueur de temps (véridique) puis qui chantonne avec... très gay lui aussi
ya les souris qui courent un peu partout..
l'autre jour je me sentais comme blanche-neige, là bas. je vais à la cave prendre une caisse de jus de pomme, et j'en profite pour exprimer ma frustration avec un vocalise musclée. et au lieu d'avoir les petits oiseaux et les écureuils qui viennent vers moi, ya les souris qui sortent des poubelles en courant et qui vont se planquer derrière les tuyaux. j'ai pas peur des souris. mais quand tu ouvres une poubelle pour la vider et que une de ces bestioles te saute dessus, ça surprend.

sinon, nous avons Eline, donc la copine-du-neuveu-de-ma-maman, qui nous fait savoir tout ce qu' ils se passe dans son corps, sans se demander si on veut le savoir, que ce soit toux, rots sonores ou autres gratouillements dans le fondement... 
nous avons Rudger, le tout nouveau chargé de personnel, qui porte son plateau à droite (shame on him !) et qui ressemble à un petit troll, mais gentil quand meme, nous avons Floortje, la créative, qui colle et dessine et fait ses fringues elle meme, nous avons Liane, qui porte très bien son nom, nous avons Dewi l'exigeante et Juriaan l'adorable musicothérapeuthe en devenir, Arend, celui qui me demande avec angoisse pourquoi je suis française, Thiemo, le frère-de-la-copine-du-neuveu-de-ma-maman qui n'est ni drole ni sympa (meme si je crois qu'il est persuadé du contraire), Alex le mou, et les deux dont j'ai oublié le nom. les chefs sont inexistants et c'est aussi bien comme ça. le café y est toujours aussi bon, les sandwiches aussi. ma foi. je m'y fais. et ça me fait ma dose de compagnie et de socialisation, parce que les cours privés, pour rencontrer du monde, on a vu mieux.

en parlant de socialisation, ce soir je retourne au "Pompier", jam session, avec mon barman préféré, j'ai nommé Giuseppe. Je ne sais pas encore si j'invite Marcel à se joindre à nous. on verra, s'il est sage. ( Marcel, c'est mon ex expatron, hein, vous suivez toujours ?)

sur ce... je vais me trouver des bons bouquins et de la partition, c'est quand meme pour ça que je me suis amsterdamisée, aujourd'hui.

je vous embrasse, et à bientot...

jeudi 17 septembre 2009

où l'on s'encaféine

salut les poteaux...

bon, bon !
bonne nouvelle ou pas, je n'ai toujours pas d'ordinateur, puisque je ne l'ai pas fait réparer MAIS, je me suis décidée à une visite hebdromadaire à Amsterdam, à savoir, le jeudi sacré. où je m'escapade à la biliothèque (quel bonheur cet endroit), où donc je peux emprunter partitions zet livres à gogo, et interneter à volonté, + une hebdromadaire expo avec ma poulette numéro un, j'ai nommé la clopinette amsterdamoise. c'est très bizarre de se retrouver toutes les deux ici, en nollanderie. c'est un peu comme des vacances, sauf qu'en fait non.

dans les dróles de nouvelles, nous avons : je suis hollandaise, en vrai. étrange. oui, je peux renouveller mon passeport hollandais, et méme demander une carte d'identité batave. et ça fait tout dróle. vraiment. j'aurai pas cru que ça puisse faire tout drole. ça change rien, on pourrait dire. sauf que ça fait drole.
maintenant, je peux choisir d'étre une hollandaise avec un papa français qui a passé sa vie en France. ou bien continuer à étre la française avec la maman hollandaise qui débarque au pays. étrange. étrange.
peut étre que la phrase à un million de fois "oui mais j'ai une mère hollandaise" (dont j'ai découvert il n'y a pas longtemps qu'en fait je disais que mon maman étais hollandaiS) va se transformer en "oui mais j'ai un papa français". ouh. étrange.
l'autre jour au boulot, ya laurent qui est passé boire un café et grignoter un shortcake avec un pote à lui, et un de mes nouveaux collègues m'a demandé où j'avais appris à parler si bien français. je lui ai bravement expliqué pour la millioniemme fois que j'étais moi-meme francilienne, et tout déboussolé il m'a répondu, "euh, mais pourquoi ?"
étrange. je vous dis, ça commence. étrange.

sinon, voilà, je bosse dans un café. de jour. avec des horaires de jour et une vie normale, de jour. je me lève bravement à 7h30 meme quand je ne travaille pas, j'ai des soirées où je peux m'emmerder, essayer de ne pas dévaliser mon placard à gateaux en lisant des bouquins.
c'est peut etre pas mal pour moi. je suis toute sans internet, sans ordi, sans télé, et presque sans téléphone, sans bouquins ( sauf depuis peu) et je dois m'inventer de la vie à remplir, tout ça un peu créativement, quoi. ou alors rester au lit en mangeant des tartines de pindakaas. mais on va éviter ça. alors je vais chez Lukx aan Zee. et je suis toute heureuse de revoir la mer et d'avoir du sable jusque dans le nombril.

le boulot... le boulot, c'est un boulot normal. je commence à m'habituer, à avoir un peu de (merde, je ne trouve plus le mot en français. ça commence, je vous dit.merde. overzicht. heu, un genre de, merde. merde ! comment on dit ? une vue d'ensemble ? bref)
bon, je commence à m'y faire, quoi. l'avantage, c'est que c'est toujours plein, donc pas le temps ni de penser à autre chose ni d'étre tentée par tous les délicieux gateaux et autres cafés-caramel... on fait le 2è meilleur café de hollande. je vous jure. et je vais apprendre bientót à faire le 2ème meilleur café de hollande ! je suis très fière.
donc c'est un boulot normal, où les heures passent lentement, et où une fois que j'ai fini, je n'ai aucune vélléité à trainer. ça m'a fait un creux au début. j'étais un peu malehureuse. après mon premier soir, j'ai couru jusque à lukx aan zee, pour ma dose de convivialité. je me sentais un peu ridicule, lacher un job parce que je me couche trop tard, pour finalement rester prendre l'apéro avec eux après une journée de nouveau job... enfin bon.
l'avantage, c'est que du coup je peux me reconcentrer sur mon chant, et ma vie en dehors de lukx et de mes potes là bas. mais mon coeur reste... à la mer, aux couchers de soleils, aux portos du soir, au vent, au sable, à Gius et à Marcel. oui. bon. oui.
je suis un peu confuse.

mais je vais bien. je vis bien. je suis contente de moi, je me sens bien, je fais ce que j'ai à faire, je bouge beaucoup et le sport me fait aussi beaucoup de bien... je suis encore dans ce flow de la rentrée, avec ce petit esprit de nouvel an qui me plait tant. les plans, les envies pour l'année à venir... tout ça.

meme si, en revoyant ma clopinette, en re babillant joyeusement en francilien, je me rends compte comme ici je suis un peu engoncée avec la langue, comme je ne peux plus m'amuser autant avec les mots et les sons, et comme je me prive d'excentricités grammaticales. et comme si, de ne plus pouvoir jongler avec les mots m'empechait aussi de jongler tout court. que d'étre plaquée au sol par la langue m'empechait de sauter en l'air avec mes jambes.
heureusement que ma clopinette est revenue.
parce que tout ça n'a pas lieu d'étre.

j'ai entendu quelque chose de fort. l'autre jour. Marcel m'a raconté ça. on apprend d'abord à marcher, ensuite à parler. à tel point que si un enfant, pour une raison physique, ne peut pas apprendre à marcher, il ne pourra jamais apprendre à parler. le mouvement du corps est indispensable aux mouvements de l'esprit. et je trouve ça très significatif.

mais moi je peux parler, alors je peux sauter aussi, non? je peux danser aussi, non? je peux courir, encore. et peut-etre meme qu'en courant plus et en dansant plus, ben mes mots aussi finiront par s'envoler. quelque chose comme ça.
comme les jours de grands vent, chez lukx, où je me rappelle quand j'étais une mouette. quelque chose comme ça.
ouais.

hé...

je pense à vous
...