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lundi 23 avril 2012

il arrive toujours un moment comme ça
où en dépit de toute leur coolitude
leur fidélité à toute épreuve et sans faille
les souvenirs attendris des beaux moments passés ensemble
au fond de cette paire de godasse elle aussi décédée
(paix à son âme)
il arrive le moment
où il faut se séparer.
ça fait mal.

jeudi 29 mars 2012

Bande de dégonflés

je crains qu'il y ait bien des choses dans la vie qui commencent bien fermes et enthousiastes et qui finissent par se dégonfler plus vite qu'on le voudrait. Les ballons d'hélium, les brushing, les envies, ce sentiment de satisfaction après avoir acheté un truc, les soufflés au fromage, les amours, les épinards, certaines parties du corps masculin, certaines parties du corps féminin (quoi que moins vite) les idées, les oeufs en neige, les rêves, les chevilles et les bonnes résolutions.

mardi 24 janvier 2012

ou pas

je devrai bosser mon italien
mais justement j'ai envie d'autres choses
d'écrire
à propos de ce temps dont tout le monde se plaint et que je trouve éclatant de beauté
étincelant de diamant et qui me rend mon moral quand je m'encre les idées
en d'aller courir, de jouer avec mon téléphone, de prendre un bain, me vernir les ongles des pieds, envie de vous le raconter
mais pas d'apprendre mon italien, non
envie de faire mes cartons, de faire à manger, des bulles, l'amour et des galipette
envie d'allumer des bougies et de me perdre dans leurs pensées
envie de murmurer des chansons qui n'existent pas
envie
mais envie d'italien, non

jeudi 10 novembre 2011

où on innove en épluchement











pour rigoler, j'ai acheté des gants qui scrubent les légumes au lieu de les éplucher.
c'est plus sain
ça garde les vitamines
puis c'est plus marrant
c'est une idée danoise
y ont plein d'idées chouettes, les danois
ce qui est dommage
c'est que ça marche pas avec les carottes
ni avec les patates
ni avec le cèleri rave
ni avec les topinambours
ni avec le potimarron
ni avec les betteraves rouges
ni avec le panais
ni avec le radis noir


par contre, c'est très bien pour tout le reste.

lundi 19 septembre 2011

où on s'habitue

ça va faire 5 semaines que je suis en déménagement
officielement c'était le 15 août
mais c'était pas prêt
le proprio était pas rentré de vacances


alors ça a été la semaine suivante
j'ai fait mes cartons
mais c'était pas prêt
il était rentré de vacances, mais pas les ouvriers


alors on a été stationnés
temporairement, celà va sans dire
dans la coloc aux petits papiers


pour un maximum de 3 semaines
et on ne payerait rien, et le déménagement serait pour sa pomme
foi d'animal
intérêt et principal


bon, ben ne déballons pas tout alors
juste un ptit peu


rappellez-moi le 7 septembre
me dit-il
nous en saurons mieux


quand le 7 nous le rappelâmes
c'était les pompiers qui étaient en vacances, et qui n'avaient pas validé la maison


vendredi prochain, c'est promis
nous dit-il
18h30 on emporte tout


vendredi suivant, on a refait les cartons
un mail nous informe
que finalement non il manque quelques appareils
alors ce sera mardi
désolés, vraiment


la mort dans l'âme, les cartons commencant à ne plus ressembler à rien
on re déballe


et on remballe 


et lundi soir
on recoit un mail
que désolés, mais ce sera mercredi


y z'aiment l'humour de répétition


m'attends à un mail mercredi matin, nous annonçant que c'était une blague, que y a jamais eu de maison en construction, qu'ils nous ont bien eus ha ha ha et qu'on est invités à l'émission vendredi soir.

dimanche 18 septembre 2011

moi de mon temps...


moi j'aime trop l'époque dans laquelle je vis
j'aime trop que je puisse être femme et avoir le droit de dire ce que je veux
d'avoir des cheveux verts ou bien pas de cheveux du tout
de porter n'importe quoi et de n'importe quelle couleur
d'avoir le droit d'être indépendante et de l'être
de pouvoir habiter seule ou ensemble
mariée ou pas
de pouvoir acheter relativement ce dont j'ai envie
pour manger
pour lire
pour jouer
d'avoir internet
et que ça existe
d'avoir accès à toute cette information
choisie par moi même
qui me fait du bien
de pouvoir entendre mes gens de loin comme s'ils étaient près
d'avoir le choix
et de savoir ce que je veux
(avoir le choix et pas savoir choisir, c'est l'enfer)
de pouvoir manger des bananes et plein d'autre trucs dont j'ai jamais vu comment ça pousse
de pouvoir m'inventer ma vie comme je veux
et être aussi misérable que je veux
et être aussi joyeuse que je veux

voilà
je m'en fout
y disent que c'est la crise
que ya plus de jeunesse
mais de la jeunesse, yen a plus depuis avant les grecs
les anciens grecs, je veux dire
et tout le monde a toujours trouvé que c'était mieux avant
et avant, c'était mieux encore avant

ben moi je trouve ça mieux maintenant
et j'espère que plus tard je trouverai ça mieux que maintenant
et qu'après que je trouverai ça mieux que le plus tard d'avant


ya plus d'jeunesse
ya plus d'saisons


ouais






samedi 17 septembre 2011

l'opéra avec du pop-corn

parce qu'on est les plus beaux et les plus forts
et surtout qu'on est le public cible de chez cible
nous autres z'étudiants de chant on a eu droit à une séance gratuite d'opéra au cinéma


Pathé Tilburg participe au nouveau programme de séances filmée live du Métropolitan Opera de New York
yahou


les deux présentateurs introduisant la soirée ont réussit à faire quelques blagues plutôt pas mal
le premier a annoncé que la prochaine séance en octobre serait "Anna Belona"
j'était pliée de rire
(il s'agissait bien sûr d'Anna Bolena, que même si on connait pas l'oeuvre, quand même, Ann Boleyn...)
le second nous a annoncé qu'il ne nous tiendrait pas la jambe pendant une demi heure
il en a eu pour 40mn
en commencant par 20mn de comment ça coûte cher l'opéra
et comment ça coûte cher l'opéra et comment ça coûte cher l'opéra
enchaînant sur quelques minutes de Moi moi moi moi moi
et ma grande carrière et comme je connais plein de monde et comme je suis le plus beau
pour finir sur 15 mn sur Natalie Dessay, son art, sa voix, le Coréen qui joue le prêtre et le formidable chef d'orchestre que lui même avait produit à ses débuts...


le film commence
et Oh surprise
nous avons Anna Netrebko et pas Natalie Dessay dans le rôle titre
le coréen qui chante le prêtre est aussi blond que mon voisin de droite
et le jeune chef d'orchestre américain est un italien de 60 piges
hm.


il s'avère que la production prévue a été "effacée par mégarde du disque dur"
du coup ils nous ont mis celle de l'année d'avant d'avant.
enfin. c'était drôle.
le premier acte j'ai cru mourir
(Donizzetti, c'est pas trop mon truc)
pis finalement j'ai dû m'habituer
y avait même le ténor de secours qui faisait le vibrato du sourcil
(Rollando Villazon avait ses règles alors on lui a trouvé un remplaçant de dernière minute)


ce qui m'a fait le plus marrer c'est ma collègue de 21 ans qui voyait son premier opéra, et qui se voyait déjà à leur place d'ici "oh, au moins 4 ans ! "
éhé
elle est mignonne





lundi 28 février 2011

où c'est has-been, mais bon

voilà un vieux post que j'assume toujours assez peu
mais quand je retombe dessus
dans le bordel de mes archives
à chaque fois il me rend heureuse
alors bon
pourquoi pas que d'autres gens aussi ? hm?
et puis si ça vous fait sourire de niaiserie
entre nous
ça me fait un beau pied...


edit - c'est par là

lundi 7 février 2011

où c'est le dernier où

questions d'exhibitionisme

de gens mélangés
inconnus
trop connus
lassitude peut-être
flemme 
sûrement
un certain agacement

question de sujets
(moi)
futiles
(moimoi)
un certain à-quoi-bon-isme
avec apitoyement sur le monde
et le sentiment peut-être 
de ne pas lui rendre hommage

un certain agacement
le jeu qui devient coupable
puisque ça semble être mon remède aux choses agréable
la culpabilité
le jeu qui devient
un "should"
un : "merde, rien aujourd'hui"
un "merde, toujours rien"
alors un "bon, ben ça alors. même si c'est nul c'est pas grave c'est quelque chose"
un pas bien fière de moi
pis de moins en moins
pis de plus en plus

histoire de place, peut être
de frontières
peut-être
un peu tout ça
histoire de non-neutralité
d'implication 
déplacée
de

histoire de filles
sûrement
compliquées...


vendredi 21 janvier 2011

où ça tourne au contenu pour adultes

Les gros mots de tous les jours 
et leur interprétation psychologique en regard de leur analogues français

Sachez messieurs dames, qu'en pays d'Hollanderie, lorsque l'on discute, on ne se raconte pas des histoires, on "vieille-pute". 
- Donc si ça te dit on peut aller prendre un café chez A&M et vieille-puter un peu
(celà suppute que la conversation reste assez peu philosophique, mais quand même, c'est du langage plus que courant)

De la même manière, nous avons "parler", version dire des âneries, qui s'exprime ici par le verbe suivant : "biter". 
- Mais qu'est ce que tu me bites encore, toi..

Et enfin, le petit frère dudit "biter", c'est le "gateau de bite", qui signifie donc ânerie.

Bien sûr, nous connaissons  l'appellation courante de l'ímbécile (le "con"de chez nous), ici sous forme de "gland" soit de "bite", au choix.
Ce qui témoigne assurément de la galanterie du batave en général qui utilise comme sobriquet critique les parties mâles et non femelles. Ceci dit, c'est avec regret que depuis quelques années nous avons vu apparaitre le "con" qui se fait de plus en plus populaire, puisque l'interjection résonne régulièrement dans les chaumières et les cafés. équivalent de notre "putain" et "putain de" (qu'ils trouvent désopilant, d'ailleurs)

Bien sûr, nous avons aussi l'international "shit" (qui curieusement, n'est pas utilisé en langue locale. ça ne vient à l'idée de personne de s'exclamer "poep!" au moment de râter son train.)

sur ces jolies paroles, je vous laisse, moi je vais voir Harry Potter au cinéma.

jeudi 20 janvier 2011

où décidement

plus je lis les blogs de mamans, et plus j'ai envie de me faire ligaturer
-j'allais dire nonne, mais faut pas pousser non plus-
(hinhin, "pousser"...)


parce que je sais déjà que, si ma soeur et ma chère maman ont réussi à être plus belles que jamais, enceintes, avec la peau de rêve, des cheveux magnifiques, un ventre de pomme et puis finalement à finir plus mince après qu'avant bébé, ben moi du coup je suis sûre que je me taperai probablement les 4 mois à rester les pieds en l'air pour que le schmillblick reste bien là-bas dedans, les pieds qui prennent trois taille de flotte, les vergetures jusque sur les coudes, les boutons d'acné, les nichons qui deviennent plus gros que la tête pis les 32 kilos de plus que de ma vie j'arriverai plus à perdre, et le baby blues de 6 mois environ pour ceriser le gâteau.


faut bien que y en ait une qui paye pour tout ce bonheur, quand même.


sans compter qu'après toutes ces réjouissances, tu te retrouves avec un bébé.
quelle arnaque. 
j'ai lu quelque part que le créateur avait bien fait son boulot en ajoutant le plaisir au manger et à la procréation (2 activités fort nécessaires à la survie de l'espèce), pour être sûr qu'on se tienne bien à nos obligations. sur le coup, j'avais trouvé ça amusant comme réflexion. mais depuis que je me suis tapée la grossesse détaillée de Caro, (désolée Caro, c'est pas ta faute) ben moi je trouve que c'est l'arnaque du siècle. tout innocents que nous sommes, on se laisse aller à quelques galipettes et siestes crapuleuses, et hop, on se retrouve avec toute la liste qui nous tombe dessus.
comme dit le proverbe "life is hard, said the queen of Spain, five minutes pleasure, nine month pain." d'ailleur je pense qu'on peut tranquille en faire un "nineteen years pain."
déjà que je trouvais ça nul avant, mais là c'est pire ! et tous les récits extatiques post traumatiques racontant les délices de la maternité n'y feront rien. ya toute les chances que mes gènes se perdent avec moi-même.


et qu'on me dise pas encore une fois "oui oui, on en reparlera quand ton horloge biologique elle te fera coucou, moi aussi de mon temps..."


je suis et resterai anti bébé jusqu'à la fin de mes jours.
c'est dit.


et si jamais je change d'avis (puisque je suis femme, ne l'oublions pas)
ben vous serez les premiers à vous réjouir, non ?



vendredi 24 décembre 2010

où Jean-Claude, la terreur des légumes-racine

tremblez, oignons, carottes, et autres cèleris !
mes patrons gentils m'ont offert un Couteau de Chef pour Noël
un truc gigantesque
de chez Sabatier je vous prie
Jean-Claude de son petit nom
pas de la demi portion, laissez-moi vous dire
ça me fait de la compagnie
je ne me sens plus de joie.
ça va être trop bien
je vais me la péter à mort avec mon king size supersonique
trop koule
ça va émincer dans les chaumières
tchac tchac tchac
mais ce soir je le laisse dormir bien au froid dans son petit emballage spécialisé anti accidents.
bonne nuit mon ptit Jean-Claude...
(je l'aime déjà)
et ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petites fricassées.


ce matin je me suis fait une tartine beurre-gouda-tranche de pouce
avec ma raclette à fromage
à fromage
tu sais le truc plat avec une fente pour faire des lamelles

je sais pas si c'était bien raisonnable
je sais bien mon Jean-Claude, on s'est plu comme ça direct
mais c'était une folie
nous ne pouvons pas rester ensemble
quittons nous avant de nous faire trop de mal. 
c'est mieux comme ça.
adieu mon Jean-Claude
moi aussi mon Jean-Claude.
adieu mon Jean-Claude
adieu

quelle douleur
quel déchirement


(je crois que je vais l'accrocher au mur au dessus de la cuisinière pour faire style)

mardi 21 décembre 2010

où on ressort de l'inédit

j'ai caché des messages d'avant jamais publiés mais aujourd'hui enfin ils le sont (merci seigneur) sous un nouveau libellé. 
si vous arrivez à les dénicher.
ou pas.


pis des fois aussi je fait des un truc à rebrousse post. 
genre celui de ya 3 jours.
mais je veux pas vous obliger non plus à vous retaper toute ma vie, hein. 
je le dis, c'est tout.


ceci n'est pas un odieux teasing.
d'ailleurs je m'en fous que vous regardiez.


pour la peine je ne poste pas ce billet. 
j'en ferai un rebrousse post. 
na. 
et toc.

dimanche 19 décembre 2010

Moment


deux bougies devant la fenêtre
des pepernoten dans la poche
une partition sur le piano
deux poires trois pommes et un citron
des chats saoûls en registrés
la danse du midi
un inventaire
un éprouvette à la vanille
une collection de caspules
une couronne sèche
deux bougies devant la fenêtre
et une chambre pleine de tout
de rien
de moi

deux bougies devant la fenêtre
et c'est déjà l'automne
derrière ce hauvent
laisse-moi caresser la plume
des enfants
la plume

deux bougies à la fenêtre
et toute une vie d'étés qui passent sans rien dire
et toute une vie d'automnes

deux bougies devant la fenêtre
et ton rire alors que je pleure
ton rire clair de marbre
blanc de pensers
gris d'enfance
et noir d'oreiller


deux poires, trois pommes et un citron
et toit et moi qui nous sauvons
par la fenêtre aux deux bougies
qui trônent devant la fenêtre
deux bougies

et toute une vie d'étés qui passent sans rien dire
à l'imparfait

samedi 20 novembre 2010

où on se fait un ptit nouillage

si ya un sujet sur lequel je vous épargne, c'est bien mon chemin spiritueux.
pas que ce soit pas important : je ne parle que de choses importantes ici-bas.
c'est par pudeur.
pis par trouille que vous vous moquâsses
et par maladresse de comment le raconter

mais quand même, là, je me lance.
parce que le spiritueux, c'est rigolo en fait.
tout le monde croit que c'est vachement dur et que c'est plein d'histoires de genoux en sang qu'on ne doit pas sentir parce que transcendés par la méditation et autre délires opiumiques à propos de papotage avec les anges et les lutins.
en vrai, c'est rigolo aussi.

par exemple, le livre que je lis en ce moment, s'appelle de Helende stem. peut-être que je peux vous raconter en hollandais de quoi ça parle, je risque moins les commentaires sarcastiques. en même temps, je ne souffre pas trop d'avalanches commentairistiques. ceci dit je peux les imaginer.
passons.
je lis ce livre parce que j'envisage de faire des études de musicothérapie l'année qui vient, et que le bonhomme parle de l'effet thérapeuthique de la voix.

exemple d'exercice : parler dans une langue inconnue, sans réfléchir, et laisser son (inconscient) corps s'exprimer ainsi.
l'idée dans ces trucs là c'est toujours la même : nous autres idiots d'occidentaux civilisés, on est pas capable d'inventer une société saine, où on exprime ses émotions quand elles arrivent. du coup, on les bloque, on les stocke quelque part bien loin dans la mémoire de nos cellules, et quand le stockage est trop lourd, ça fait des embouteillages et on tombe malade.
donc pour éviter tous ces embêtements : on nettoie le tout, on exprimes ces choses refoulées, et par la suite, pour éviter les embouteillages futurs, on apprend à exprimer direct, ou à se nettoyer quotidiennement.
avec la voix, par exemple. ex-primer...

donc moi de me faire tout un discours en charabia, toute étonnée que ça vienne si vite sans réfléchir, que ça ressemble tellement à une langue même si ya fort peu de chances pour que ça en soit une quelque par dans l'univers, et surtout étonnée de se retrouvée émotionnée comme ça au bout d'un moment.
un genre de mélopée qui finit par ressembler au discours d'apitoiement des gitanes.

et j'aime bien.

mais maintenant je sais plus parler français.

samedi 2 octobre 2010

où ce s'ra bien

moi quand je serai grande, j'aurai un mixer de profession, un aspirateur dans la force de l'âge, un épluche-légume de compétition, un fer à repasser (j'ai déjà la planche), une chaine hi-fi qui lit les CDs, un Steinway à queue et le singe en plastique qui te souffle sur les doigts pour faire sécher le vernis. ce sera bien...

samedi 20 mars 2010

où on réfléchit

le plus gros mensonge qu'on nous a vendu avec le notre belle société laïque occidentale, c'est celui de la liberté.

on nous a fait croire que, comme on était plus obligés par la culture d'être ce qu'on nous imposait, qu'on pouvait devenir quelqu'un d'autre. n'importe qui. qui on veut.
on est plus menuisiers de père en fils, on a le droit de choisir qui on veut être.
genre.
carte blanche.
vas-y éclate-toi.

puis en fait on a juste gagné la liberté de se torturer sur qui on est et qui on voudrait et le gouffre entre les deux, et la culpabilité de ne pas être qui on voudrait être alors que tout est possible, nous sommes libres de choisir. de changer.
on est même pas foutus d'arrêter de fumer quand on le décide, alors changer... tu parles.

on a juste gagné le droit de se demander éternellement qui on est et qu'est-ce qu'on veut et c'est quoi le but de tout ça et comment connaitre le goût de sa propre langue.

on  nous a vendu une société plus égalitaire, plus juste, plus fraternelle. moins imposée par le haut, moins sectaire.
avant, on avait du sectaire, du divisé, du hiérarchique. on ne mélangeait pas les torchons avec les serviettes. mais à l'intérieur même de chaque groupe, il y avait du lien, de la vie ensemble, du serrage de coude, du on se comprend.
on a juste gagné l'individualisme.

on nous a dit : on va faire un grand groupe où tous les humains auront les même droits, et on sera des grands copains devant l'éternel. et on a juste gagné le chacun pour sa pomme, une télé dans chaque chambre et une piscine dans chaque jardin.

on nous a donné une balle en caoutchou, et comme des idiots on a tous foncés dessus, tous contents d´avoir quelque chose à machouiller. et personne de se demander qui c'est qui lance les balles.

alors oui on a le droit de vote, oui les riches payent plus d'impôt pour que les pauvres en bénéficient un peu. et encore. de moins en moins.

mais la liberté...
pour être créatif, on a besoin de frontière, de barrière, de balises, de points de départ, de points de rupture, des lignes à presque franchir sans les dépasser

la carte blanche, c'est la mort.

le bon artiste sait se donner des consignes à lui-même. le bon humain aussi. et il se délecte à les suivre, et à les détourner.

on avait les rites avant, comme balises, comme ancrages. comme repères. c'était apaisant. encadrant. rassurant.

on ne fait pas du fromage en disant au lait "tiens-toi droit". on lui donne une boite, des murs. sinon le lait s'étale indéfiniment.

la question, c'est peut être est-ce que le lait veut devenir fromage.

mais on lui pose pas la question. on part du principe que le lait est arrivé dans la bonne boite, celle qui lui était destinée. la boite à camembert, la boite à coulommiers.
peut être qu'on pourrait se dire que le moment de la décision est avant tout ça. et que le choix de la boite n'est plus à faire, mais déjà fait. qu'il existe une sorte de destinée divine. et que les choix n'ont qu'à se faire dans ce cadre là.

mais est-ce qu'on n'ouvre pas la porte à la dictature...
chef d'état de droit divin...

N'empêche, je veux du cadre. je veux du rite. je veux  du rituel de passage à l'âge adulte et des cérémonies de ménopause, je veux des fêtes pour le printemps et des fêtes pour l'hiver. je veux des rituels du matin et des rituels du soir. je veux qu'on se retrouve autour du feu pour la veillée et les histoires. je veux me coucher avec le soleil. je veux que le nos vieux soient des bibliothèques, et nos enfants des inspirés. je veux que la musique soit jouée par des gens et moins par des machines. je veux cueillir plus de salades dans les prés et moins dans les supermarchés. je veux sauter le feu de la St Jean et je veux dormir à la belle étoile.

je ne dirai pas c'était mieux avant. mais j'aurai aimé vivre au temps des troubadours.